24 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Emploi, revenu, qu'en est-il ?

Fédération

Sarkozy a fait des 35 heures l’obstacle à abattre.

Le discours est purement idéologique, voire simpliste : pour augmenter les salaires, il faut créer de la richesse, le travail crée de la richesse, il faut donc travailler plus pour gagner plus. La seule façon de retrouver la prospérité est donc de libérer le travail de ses entraves et d’abord des contraintes légales à sa durée. Le discours a fait mouche car depuis 30 ans, le chômage, la précarité, les nouvelles pénibilités, les salaires à la traîne, ont eu un effet de dévalorisation du travail. Alors évidement lorsque le discours démagogique de Sarkozy propose de réhabilité la valeur « travail », nombreux sont ceux qui prêtent une oreille attentive, notamment parmi les salariés qui connaissent de grandes difficultés.
Mais le discours ne s’encombre pas de mensonges. Pour Sarkozy, les 35 heures, en voulant partager le travail, ont eu un effet négatif sur la croissance et la création d’emploi. Hors, entre 1992 et 1998 plus de 400 millions d’heures ont été supprimées, alors que la période entre 1998 et 2002 a vu la création de 800 millions d’heures et une croissance économique de 14 % durant ces 5 années. Selon l’INSEE et la DARES (le service de statistiques du ministère du travail) 350 000 emplois ont été crées par les 35 heures. Stimulée par les 35 heures, la forte croissance de la période a permis au total la création de plus 1,9 millions d’emplois. L’emploi dans le secteur privé a progressé de 3,9 % entre 2002 et 2007, soit beaucoup moins que pendant la période 1997 et 2001 (+14 %).
Ceux pour qui partager le temps de travail est une offense à la pensé économique et préconisent de travailler plus pour gagner plus sont, en fait, pour un partage sauvage du temps de travail. Augmenter le temps de travail des salariés à temps plein invités à faire des heures supplémentaires pour résoudre leur problème de pouvoir d’achat, c’est moins d’emplois pour les chômeurs ou salariés à temps très partiel. Sur les 300 000 emplois créés en 2007, plus du tiers sont des emplois avec une durée inférieure à 12 heures par semaine et des salaires de moins de 300 €. Pour défendre la valeur travail… il faudra trouver mieux !
Et les revenus !
Le moins qu’on puisse dire c’est que la politique de Sarkozy n’a pas les effets escomptés. Nous assistons aujourd’hui à une baisse du pouvoir d’achat. La croissance ne se décrète pas par l’augmentation de la durée du travail, par contre, le pouvoir d’achat, certes sans être le seul facteur de croissance, en est un puissant ressort. Et, de ce point de vue, la loi TEPA, censée relancer la croissance, a surtout nourri l’épargne de ceux qui n’en avaient pas forcement besoin. Cette épargne déjà élevée en France a encore augmenté en 2007.
Par contre, ces 25 dernières années, la part des salaires dans le PIB a baissé considérablement. Début des années 1980 les salaires et cotisations sociales représentaient 78 % du PIB, ils n‘atteignent aujourd’hui que 67 %. Les 35 heures ne sont pas responsables de cette baisse, commencée bien avant leurs mises en place. 
D’ailleurs, le gel des salaires lié aux 35 heures, prévu dans certains accords, a été très minoritaire et limité dans le temps. Patrick Artus, professeur à polytechnique et directeur de la Caisse des dépôts, met en avant, non pas les 35 heures pour expliquer ce transfert des richesses au profit des actionnaires, mais la perte du pouvoir de négociation des salariés. Et pourquoi cette perte de négociation des salariés ? Le chômage et la précarité déséquilibrent la négociation entre entreprises et salariés, au détriment de ces derniers. Pour les tenants de la politique actuelle, c’est ce déséquilibre qu’il faut maintenir !
 
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