11 février 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Une étude de la CES

Fédération
Changement climatique et emploi
 
Une étude réalisée par un consortium dirigé par la CES (Confédération Européenne des Syndicats) et réalisée notamment par SYNDEX s’efforce d’évaluer l’impact des changements climatiques sur l’emploi. Elle examine tout d’abord les implications potentielles pour l’emploi du changement climatique lui-même. Puis, dans une seconde partie, le rapport étudie les enjeux pour l’emploi de la transition vers une économie plus sobre en CO2 à l’horizon 2030 dans quatre secteurs : la production d’énergie, les transports, les industries de l’acier et du ciment et le bâtiment/construction.
1 - Même un changement climatique modéré affectera l’activité économique et donc l’emploi en Europe.
Le réchauffement climatique génère des impacts positifs et négatifs sur l’activité économique et l’emploi avec des disparités importantes selon les régions d’Europe. Agriculture, tourisme, assurance et finance, chauffage et production d’énergie, notamment, sont concernés. L’Europe méridionale et la péninsule Ibérique seront les plus affectées par les conséquences négatives, en Allemagne on prévoit plutôt un équilibre entre les effets positifs et négatifs, en Scandinavie les effets seront plutôt positifs. La capacité à tirer parti des opportunités positives à un coût et des limites, cela dépend notamment de la technologie, des qualifications disponibles, de la structure et l’organisation du marché. De même il ne faut pas sous estimer les coûts des transitions et les mouvements de population que cela nécessite.
Le deuxième volet de l’étude a pour objet les répercussions potentielles sur l’emploi d’une politique de réduction de l’ordre de 30 à 50% des émissions de CO2 dans 4 secteurs. A condition que des politiques économiques appropriées soient mises en place, elle conclut que le solde des emplois dans les branches qui se développeront et celles qui seront amenées à réduire leur activité pourrait être positif. En outre, la redistribution des emplois qui résultera de l’application des politiques du climat (d’une ampleur considérable) se produira à l’intérieur des secteurs plutôt qu’entre les secteurs. C’est un point important car il est plus facile pour les salariés de changer d’entreprises à l’intérieur d’un secteur plutôt que dans un secteur différent. Par ailleurs les coûts de recyclage professionnel sont plus faibles. En outre, la redistribution des emplois qui résultera de l’application des politiques du climat (d’une ampleur considérable) se produira à l’intérieur des secteurs plutôt qu’entre les secteurs. C’est un point important car il est plus facile pour les salariés de changer d’entreprises à l’intérieur d’un secteur plutôt que dans un secteur différent. Par ailleurs les coûts de recyclage professionnel sont plus faibles.
Trois types de transferts d’emplois sont pointés :
·        Transfert d’emplois des activités de la production électrique vers celles liées à l’efficience énergétique et la réduction de la consommation d’énergie.
·        Transfert des emplois relatifs au transport routier de marchandises et à la voiture particulière vers des activités de transport public pour le fret et les passagers
·        Transfert des emplois des biens d’équipement liés à la production d’énergie à partir de combustibles fossiles et au transport routier individuel vers des emplois dans la filière équipementière des énergie renouvelables, de l’efficience énergétique, voire du nucléaire et du matériel ferroviaire.
A l’inverse, si les questions d’emplois et de ressources humaines ne sont pas davantage intégrées dans les politiques du climat, on peut s’attendre à ce qu’elles deviennent une entrave significative aux transformations économiques, technologiques et sociétales pour gérer la transition vers une économie plus sobre en carbone et pour que les société puissent s’adapter aux effets du changement climatique.
Ces politiques devraient :
·        Contribuer à augmenter la demande de travailleurs qualifiés : ces nouveaux emplois exigent des hauts niveaux de qualification.
·        Faire évoluer positivement sur le plan social et salarial les secteurs potentiellement gagnants comme le bâtiment, les équipements électriques, les énergies renouvelables, la logistique et le transport intermodal.
La question du dialogue social est essentielle : en identifiant les opportunités et en favorisant les transitions professionnelles on peut renforcer les aspects positifs des mutations nécessaires.
2 - En ce qui concerne plus particulièrement le transport, il recèle un énorme potentiel de création d’emplois dans les modes alternatifs aux véhicules routiers, mais porte des risques pour la filière automobile et le fret routier :
1.      15 millions d’emplois sont liés directement ou indirectement au transport dans l’union à 25 soit plus de 7% de l’emploi européen.
2.      L’étude montre qu’il est possible de stabiliser les émissions du transport en 2030 par rapport à 1990 tout en créant globalement 20% d’emplois supplémentaires par rapport à un scénario tendanciel (scénario qui poursuit la tendance actuelle).
3.      En réduisant le trafic de 10% et en rééquilibrant vers le rail et les transports publics on quadruplerait les emplois liés au rail et aux transports en commun (tramway, bus, métro, vélo) par rapport au scénario tendanciel.
4.      En revanche la dynamique de l’emploi dans le transport routier de fret, bien que toujours positive, aboutirait à un recul de l’ordre de 50% par rapport au scénario tendanciel. Dans la filière automobile ce recul pourrait être de 60% par rapport au scénario tendanciel : l’emploi dans ce secteur resterait stable sur la période 2000/2030.
 
 www.etuc.org/a/3675
 
 
© 2012 FGTE - Mentions Légales
FGTE - CFDT, 47/49 avenue simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19
Tel : 01 56 41 56 00 Email : federation@fgte-cfdt.org