13 mai 2008
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement
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Cheval tordu contre la démocratie sociale

Cheval tordu contre la démocratie sociale
Cheval tordu contre la démocratie sociale
 
 En visite chez les démocrates de Ryad , Nicolas Sarkozy a évoqué le surnom, un peu ironique, de «_Cheval fougueux_» qui lui a été attribué par le roi d'Arabie Saoudite. «_Cheval tordu_» lui conviendrait mieux quand on voit le peu de cas qu'il fait de la négociation entre partenaires sociaux.
 
Il abuse des diktats comme pour le service minimum ou les régimes spéciaux, qui devaient être réglés en 15 jours, et des coups tordus lorsque les négociations entre partenaires sociaux ne correspondent pas aux exigences du monarque.
 
C'est ainsi que le décret sur les régimes spéciaux va bien au-delà de la négociation au sein des entreprises concernées, où pourtant l'Etat est représenté. Il remet en cause des éléments fondamentaux d'équilibre sur l'âge à partir duquel sont calculés les décotes et surcotes et sur le plafonnement de ces décotes. Le décret anticipe le passage à 41 ans de cotisations sans même que la procédure prévue par la loi de 2003 sur les retraites soit respectée.
 
Dans le même temps, Cheval Tordu a exigé un accord sur la modernisation du marché du travail faute de quoi il bâclerait une loi aussi bien ficelée que la loi TEPA sur les heures supplémentaires.
 
Après une véritable négociation menée de façon unitaire par les organisations syndicales, un texte a été rédigé et signé par la majorité des organisations syndicales et patronales. Ce texte est loin de constituer un rempart contre la précarité, même s'il ne la renforce pas car les souplesses nouvelles mises en place sont plutôt encadrées. Il améliore les indemnités de licenciement et instaure des droits nouveaux liés au salarié et plus seulement au contrat de travail. De ce point de vue la prolongation du droit à la complémentaire maladie après la rupture du contrat de travail est une avancée sensible.
 
Pour autant tout reste à faire car un grand nombre d'avancées potentielles sont renvoyées à des négociations ultérieures, à des accords de branche. Le texte nécessite également une retranscription dans la loi. Et là, Cheval tordu et sa tribu sont en embuscade.
 
Sachant que l'accord est, heureusement, loin du slogan électoral du contrat unique qui serait une sorte de CPE généralisé au niveau de la vie professionnelle, nous attendrons la fin du processus pour vérifier si l'équilibre du texte est préservé.
 
Le monde de travail c'est autre chose que Disneyland.
 
Joël Le Coq
 
 
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