Les patrons recherchent le rapport de force
Les patrons recherchent le rapport de force
Quelle attitude désinvolte et irresponsable de la part du patronat routier ! Les fédérations patronales nous convient à une seconde rencontre le 26 octobre 2009, faisant suite à celle du 14 octobre, obtenue grâce à notre action intersyndicale du 6 & 7 octobre, et elles osent se pointer sans aucune proposition nouvelle !
Que recherche réellement le patronat ? Humilier les salariés, les pousser à bout, jouer le rapport de force, tester le niveau de renoncement des salariés afin d'en apprécier le point de rupture...
Nous sommes en droit de nous poser toutes ces questions. Ou faut-il chercher les réponses ailleurs ?
Les salariés ne se retrouveraient-ils pas les otages d'un bras de fer, bien plus pernicieux, que le patronat et le gouvernement se livreraient par personne interposée.
Le patronat n'hésitant pas à opposer le social face à l'environnemental du gouvernement, « se servant », in fine, de la colère des salariés pour obtenir ce qu'ils désirent le plus : des exonérations, des dégrèvements, des dérogations et autres remboursements compensatoires en tous genres.
Ce pari machiavélique est risqué dans un monde routier hétérogène, épars et peu enclin à la solidarité lorsque les intérêts propres à chaque entreprise sont touchés.
Le Gouvernement parait excédé par cette attitude patronale qu'il ne connait que trop bien, et, visiblement, n'a aucune envie de jouer les pompiers. D'où sa volonté affichée de laisser faire les conflits routiers (sans envoyer des bataillons de CRS) si ceux-ci restent circonscrits aux entreprises ou intérêts routiers.
Face à ce Vaudeville, quelle doit être l'attitude des organisations salariales ?
Renoncer ? Sûrement pas, cela laisserait les salariés livrés à eux-mêmes face au dictat encore plus despotique d'un patronat triomphant. Cette attitude ne pourrait mener qu'à la
désaffection des organisations syndicales dans les entreprises de petites tailles et à une pression insoutenable pour les délégués syndicaux dans les plus grandes. Au bout du compte, c'est l'abandon pur et simple de la convention collective au profit des accords d'entreprises qui est en jeu.
On ne peut s'empêcher de penser que des drames de désespérance, comme ceux survenus récemment dans le transport routier, se reproduisent tellement l'incompréhension est totale.
C'est pour faire front à tout cela que l'ensemble des organisations syndicales refusent de baisser les bras et appellent, une fois encore, les militants, adhérents et salariés à se battre !
La paupérisation des salariés du transport n'est pas une fatalité. Il n'y a que la volonté d'un patronat rétrograde qui veut maintenir les salariés au plus proche du SMIC !
Ensemble refusons l'inacceptable.
Maxime Dumont
