Lettre d'info
Lettre du 01 novembre 2006Edito
Transport Routier Dernier avertissement !
S'il fallait tirer un bilan de cette année et l'exprimer en quelques mots, nous pourrions dire que "2005 est bien l'année de l'entourloupe".
Dernier avertissement !
En modifiant à la hussarde le décret 83/40 relatif au temps de travail à la Route, le gouvernement visait une nouvelle régression sociale. Le Conseil d’Etat vient d’annuler cette modification, faisant droit au recours déposé à l’initiative de la CFDT. Dans ce domaine comme dans les autres, le patronat routier et le gouvernement seraient bien inspirés de rouvrir des négociations, avec des propositions sérieuses cette fois. Sinon, nous devrons procéder à un rappel à l’ordre.
Le prétexte de ce décret sur le temps de travail était la transposition d’une directive européenne … qui précisait bien que les
Gouvernements ne pouvaient s’en servir pour revoir à la baisse l’existant. Les conducteurs pensaient, à priori, que les effets porteraient essentiellement sur les repos compensateurs. Voir disparaître 20 à 40 jours de repos compensateurs par an, ce n’était déjà pas mal, non ? Les transporteurs espéraient surtout qu'ils pourraient enfin payer les heures supplémentaires au trimestre, car la grande majorité d'entre eux n’appliquaient déjà pas les repos compensateurs. En annulant ce texte qui nous ramenait près de quinze ans en arrière, le Conseil d’Etat rouvre un peu un débat que les employeurs et les députés de la majorité veulent s’empresser de refermer.
Ce genre de cadeaux ne peut bénéficier ni à l’emploi ni aux salaires. L’emploi stagne globalement dans le transport routier de marchandises. Dans des groupes comme DHL, les plans sociaux se multiplient. La réaction des salariés à l’appel de l’intersyndicale menée par la CFDT a été particulièrement forte : plus de la moitié des agences bloquées, XX % de grévistes le 17 octobre. Et alors que les résultats des entreprises sont loin d’être mauvais, toute possibilité de négociation en matière de salaires est pour l’instant bloquée. La dernière proposition patronale pour les marchandises se situait à 1,7 %. Le résultat de la politique suivie depuis 2002 est que désormais tous les coefficients de la grille conventionnelle jusqu’au 150 M se trouvent en-dessous du SMIC, ce qui nous ramène là aussi à la situation d’avant le contrat de progrès de 1994. La aussi, c’est une intersyndicale dans laquelle la CFDT est à l’initiative qui prépare une nouvelle action.
Tous les ingrédients d’une explosion sociale sont réunis. Le compte à rebours est déclenché. Patronat et gouvernement peuvent encore choisir d’éviter l’épreuve de force.
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