07 février 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement
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Les 30 ans de la FGTE

Les 30 ans de la FGTE à Strasbourg : L’avenir du transport sera « propre », européen et…social
 
 La FGTE-CFDT a fêté ses 30 ans à Strasbourg. Une journée de travail pour 250 militants. Son secrétaire général Joël Le Coq a rappelé le caractère unique de la FGTE et ses grands moments. Mais ce rassemblement étai aussi tourné vers l’avenir. Le transport va changer, à la FGTE de se saisir de cette période de bouleversements annoncés pour renforcer le social.
 
« Un outil syndical unique en France et indispensable, »
Le choix de construire une Fédération qui regroupe les différentes branches du transport et de l’équipement et représente la diversité des métiers du transport est un pari aujourd’hui gagné. « La Fédé est un outil important face aux institutions, on arrive pas en corpo mais avec des propositions et des solutions multimodales. La Fédé est un lieu de synthèse. L’identité de la FGTE lui permet de peser sur les réflexions qui sont menées sur le développement durable. »
Deux jeunes militants ont témoigné de leur engagement dans deux conflits récents. Cyril, naviguant à Air France, a dit la difficulté à mener un conflit et à en sortir quand la pression médiatique prend des proportions impressionnantes, mais qu’heureusement avec l’aide des militants on arrive à tenir le coup. Puis Laetitia, cheminote, arrivée à la CFDT en 2003 relate l’historique du récent conflit à Bordeaux et comment il s’est poursuivi parce que Bordeaux est très impacté par le fret. Elle note qu’il est important de constater que les négociations sont en cours, et que la CFDT doit montrer qu’elle maintient la pression. 
 
« S’emparer » du Grenelle de l’environnement pour infléchir les politiques : Cette première Table ronde a vu la participation de Michel Savy, universitaire, chercheur et enseignant à L’Ecole des ponts et chaussées, Jean-Pierre Bompard, représentant la CFDT au Grenelle de l’environnement et Michel Violland, administrateur auprès du Forum International des transports (OCDE).
Le grenelle de l’environnement est une initiative originale réunissant pour la première fois ONG, organisations syndicales, collectivités territoriales, employeurs et Etat. Le transport est le seul secteur d’activités qui pollue plus aujourd’hui qu’hier. Donc il faut s’attendre à un changement drastique dans les transports.
La priorité du rapport du Grenelle de l’environnement va au rail. Il faut relancer le fret ferroviaire et mettre les camions sur les trains : le report modal. Le fer doit reconquérir des parts de marché et doit donc faire de gros progrès en interne. Il doit inventer son TGV du fret ! Mais comme la moitié des marchandises transportées en France le sont sur moins de 50 km, il faut parallèlement à la relance du chemin de fer améliorer la route. Et aussi poursuivre le développement remarquable du transport fluvial : plus 10% par an depuis 10 ans, après de gros efforts d’adaptation. Il faut désormais évaluer le coût de toute marchandise et de son transport en intégrant le coût écologique.
 
 Elargir  le dialogue social et renforcer notre combat à l’échelle de l’Europe,
Une deuxième table ronde sur le dialogue social à l’échelle de l’Europe accueillait Eduardo Chagas, secrétaire général d’ETF (European transport federation ) ; Milorad Sugic, CFDT- Président du comité de dialogue social route de l’ Union Européenne ; Georges Causse, IRU (Institute of Road Unions) vice-président du comité de dialogue social route de l’UE ; Raymond Hara, représentant SNCF au Comité européen du rail.
Le comité de dialogue social « route » de l’union Européenne réunit les employeurs et les OS pour faire des propositions communes aux instances européennes qui se chargent de les traduire en directives européennes. Ce schéma idéal ne fonctionne pas toujours efficacement ! Ca bloque plus souvent que ça n’avance ! Aussi Eduardo Chagas résume : « Etre autour de la table c’est déjà bien, mais mon objectif est de construire un rapport de force pour arriver à la négociation. ETF n’est pas une organisation lobbyiste. Partout en Europe on veut que ça change. Si un camion en roulant libère de l’oxygène, c’est bien, mais si les conditions de travail ne sont pas satisfaisantes…Il faut plus d’engagement, le rapport de force fera changer les choses. ETF compte sur votre engagement, ce n’est pas de la rhétorique. Il faut que toutes les personnes que nous rencontrons à Bruxelles sachent que vous êtes derrière nous… ». C’est la condition indispensable pour que le dialogue social existe.
 
Le transport à l’heure de l’Europe,
La demi-journée passée au Parlement européen a commencé par la visite de ce magnifique bâtiment. Belle architecture moderne et fonctionnelle, l’ensemble est prestigieux, harmonieux, spacieux et très confortable ! Le grand hémicycle permet aux 787 députés, de 27 nationalités, de siéger, aidés par les interprètes des 23 langues officielles. Et c’est, dit-on, un miracle d’organisation permanente !
Assis dans un des hémicycles de travail, les 250 militants ont rencontré Gilles Savary, député européen, vice-président de la commission transport et tourisme.
Le Parlement existe depuis 1958 et est élu au suffrage universel depuis 1979. La Commission propose des projets de directives ou de règlements au Parlement qui peut modifier un texte en première lecture. Les changements doivent être faits en première lecture. Donc les syndicats doivent se faire connaître et entendre à cette étape, après c’est plus difficile. Mais rappelons que le Parlement a la possibilité de « tuer » un texte. Gilles Savary explique : « Si on fait un marché européen il faut des transports. Au départ, il fallait ouvrir les frontières. A partir de 2000, on est entré dans la mobilité du rail face au choc écologique : C’est le développement du transfert modal, et l’eurovignette qui permet de « péager la route ». La mise en place du système Galiléo permettra très bientôt de savoir avec précision l’exact trajet d’un camion et de calculer sa production de CO2. 
Il y a un choc entre le social et l’écologie, un surcoût ! Il faudra prévoir des dispositifs compensatoires pour les bas salaires. La dimension sociale manque cruellement aux transports. On est sur une logique de normes du pays d’origine. Pour évoluer il faut faire de la convergence économique. On doit mettre des normes sociales qui plaident contre le dumping social et qu’on plaide pour la plus-value sociale. Mais au Parlement il n’y a pas de majorité pour le social ! »
 
En conclusion de cette journée
 
Rendre concret le volet social du développement durable,  qui repose sur 3 piliers indissociables : économique, social et environnemental, repose sur l’engagement des organisations syndicales, de la FGTE et de tous ses adhérents en France et de l’engagement de ETF en Europe !
 
On le savait, c’est toujours bon de se  le rappeler un jour d’anniversaire !
 
 
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