07 février 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement
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  Congrès de la Fédération Européenne

Du 27 au 29 mai 2009, s’est tenu le congrès ETF de Ponta Delgada. La FGTE-CFDT est partie prenante dans la construction d’un syndicalisme européen. 9 militants de la FGTE ont participé à ce congrès. Liliane Debèche a été élue au Comité exécutif pour les femmes et Joël Le Coq a été élu au Comité exécutif pour la région France/Belgique/Hollande.

Ci-dessous l'intervention d'André Milan, secrétaire général de la FGTE-CFDT

La FGTE-CFDT est fière d’appartenir à un syndicalisme européen qui lutte contre le libéralisme et pour la défense des droits de tous les travailleurs du transport quel que soit leur mode. Fière d’être affiliée à ETF.

Face à une Commission européenne désireuse de mettre les bouchées doubles pour imposer les lois du marché et du profit au détriment des droits des travailleurs, ETF et ses sections ont su efficacement mobiliser les affiliés et les salariés pour faire face, pour résister souvent avec succès.

En combinant l’intervention auprès des politiques - institutionnels, parlementaires - la négociation au sein notamment des comités de dialogue sectoriels, et les mobilisations, les manifestations, ETF a réussi à obtenir des succès importants :

- Arrêt par 2 fois de la directive de libéralisation portuaire.

- Prise en compte d’impératifs sociaux dans le ciel unique

- Mise en place de la licence du conducteur de train

- récente campagne réussie pour l’inclusion des indépendants dans la directive temps de travail des conducteurs routiers. Cette action n’est pas terminée mais le vote au Parlement est déjà un camouflet pour la Commission et le Conseil européen. Présents dans les mobilisations aussi bien à Bruxelles qu’à Strasbourg les militants CFDT étaient particulièrement heureux d’être là.

Ces succès ETF a pu les mener a bien par sa combattivité, mais aussi par sa volonté d’agir ensemble, les uns avec les autres et non pas les uns contre les autres. Il s’agit de défendre les intérêts de chacun des travailleurs des transports dans le respect des intérêts de l’ensemble des travailleurs du transport. Ce doit être aussi le cas au sein des sections. C’est en rassemblant et en recherchant ce qui nous réunit que l’on gagne, ce n’est pas en excluant et en divisant.

A cet égard nous désapprouvons la situation de division créée dans le CAS, section de l’aviation civile. Ce n’est pas l’esprit de l’ETF de se priver de compétences au profit de querelles idéologiques. Nous souhaitons un compromis sur des règles d’élections permettant le retour à un fonctionnement respectueux de tous.

A plusieurs reprises, lors des manifestations de la CES, ETF a organisé des cortèges sous ses couleurs, et nos militants ont été sollicité pour y participer. C’était en particulier le cas lors de la manifestation de Bruxelles du 15 Mai. La plus grande partie des militants FGTE-CFDT présents défilaient avec ETF. Nous croyons nécessaire de contribuer ainsi à donner corps au syndicalisme européen des transports et à son organisation incontournable : ETF. Il faut des syndicats affiliés forts et une ETF forte qui s’épaulent mutuellement pour d’avantage d’efficacité.

Le programme TRUST a permis de faire un changement qualitatif important. Il jette les bases d’une Fédération Européenne du Transport rassemblée autour de la revendication d’un transport durable. La durabilité s’entend aussi bien sur le plan économique, social et environnemental.

Nous passons d’un syndicalisme qui juxtapose les actions des sections à un syndicalisme qui intègre les revendications des sections dans un projet global. Nous appuyons cette évolution. Face à une pensée globale comme le libéralisme, il nous faut opposer un syndicalisme qui pense global et qui agit local. L’évolution est nécessaire mais pas facile.

Nous avons quelques applications pratiques en France de la jonction de l’action syndicale et des ONG. C’est le cas actuellement avec le Grenelle de la Mer, une rencontre multipartite sur l’ensemble des problèmes de la mer. Sur la gestion des ressources marines, nous sommes amenés à dire : n’oubliez pas les pêcheurs, n’oubliez pas les professionnels, n’oubliez pas l’humain. Un jeu complexe doit nous permettre des alliances avec des associations environnementalistes, sans jamais oublier que nous devons défendre les intérêts généraux des travailleurs que nous représentons, contre le dumping social.

A nous de nous organiser pour avoir les débats nécessaires pour rester unis dans cette période difficile et riche. La crise économique et climatique nous apporte des moments douloureux, et de multiples raisons de se diviser. Nous savons aussi que, comme le disait, il y a 5 ans, un économiste français dans un livre au titre prémonitoire : « le libéralisme n’a pas d’avenir ».

A nous de nous organiser pour un avenir durable tant pour les travailleurs que pour la planète. Pour cela il faut souligner comme le disait hier la conférence des femmes, qu’on n’est pas élu pour figurer, mais pour travailler.

Un dernier mot pour finir : le 19 mai pendant 3 heures (de 22 h à 1 h du matin), 400 militants routiers de la CFDT ont bloqué le marché de gros de Rungis, le plus gros marché alimentaire du monde, pour obtenir des augmentations de salaire et le paiement intégral de toutes les heures travaillées. De nombreux camions conduits par des chauffeurs de toutes nationalités ont été bloqués : français, belges, espagnols, hollandais. La solidarité était frappante. Quand la police nous a demandé avec insistance de partir, les camions ont salué les militants à coups de klaxon et de bras levés. Les salariés du transport d’Europe attendent de nous une action efficace pour les salaires, l’emploi, contre la précarité, contre les inégalités.

Le congrès d’ETF doit nous permettre de répondre à ces enjeux. Merci à tous

Motion pour une politique revendicative européenne d'ETF en matière de salaire

(présentée par la FGTE-CFDT)

L’harmonisation vers le haut des salaires en Europe est une condition indispensable d’une concurrence non faussée, surtout quand des entreprises sont libres d’exercer leur activité sur un même marché.

Les tentatives d’imposer les conditions sociales du pays d’origine nous montrent le risque qu’en l’absence d’une régulation basée sur le droit du pays d’accueil, la dégradation serait rapide et brutale pour les salariés dans l’ensemble de l’Europe. En complément à son action contre ces projets libéraux, l’ETF entend fixer un axe de travail sur les salaires tout en reconnaissant les difficultés qu’il convient de surmonter.

Sur le continent européen comme au sein de la communauté européenne, différentes cultures coexistent. Le salaire peut notamment être garanti par les accords d’entreprise, de branche, de région, par un salaire minimum légal professionnel ou interprofessionnel fixé par la loi.

Parmi les 20 pays qui disposent d’un salaire minimum interprofessionnel les écarts sont de 1 à 17 en donnée brute, de 1 à 7 en tenant compte des différences de pouvoir d’achat. La fixation d’un salaire minimum européen s’imposant à tous n’est pas d’actualité, mais ETF entend malgré tout agir pour l’harmonisation des salaires vers le haut.

En partant, en priorité, des catégories de salariés en situation de concurrence sur un même marché, ETF et ses sections travailleront à définir un niveau salarial horaire et mensuel de référence permettant de faire progresser les salariés les moins bien payés, en utilisant tous les moyens de l’action syndicale pour l’imposer.

L’ETF exige que le temps de travail rémunéré prenne en compte tous les temps passés au service de l’employeur et que la durée maximum du temps de travail soit respectée et appliquée pour tous afin que les salariés ne soient pas conduit à obtenir le niveau de salaire par l’augmentation de leur temps de travail et du temps passé au service de l’employeur.

Cette motion a été adoptée à l’unanimité par le congrès.

 

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