Cheminots: Pour une campagne de communication offensive et sans complexe
Cheminots
Pour une campagne de communication offensive et sans complexe
Extraits du discours d’Arnaud Morvan, Secrétaire général de l’UFCAC CFDT, pour le lancement de la campagne à propos des élections professionnelles de mars 2011
Aujourd’hui la CFDT Cheminots se trouve à l’aube d’un tournant décisif : après avoir assuré notre représentativité nationale aux élections de mars 2009, nous nous trouvons dans une situation particulière avec des régions représentatives et des régions non représentatives. Je comprends le désarroi et la déception pour nos équipes régionales qui ne sont pas représentatives. Mais nous avons essayé de leur apporter le soutien nécessaire au cours de cette mandature. Car la solidarité n’est pas un vain mot à la CFDT.
Nous avons un poids (11,59 %) au niveau national. Poids indéniable mais insuffisant.
Avec des écarts de représentativité importants avec un pic de 27,80 % au CE Clientèles et un niveau 5,14 % en Languedoc-Roussillon ; 2 régions juste au dessus des 10 % (Paris Saint Lazare et Paris Rive Gauche), 5 régions approchant le seuil fatidique (Bordeaux, Metz-Nancy, Rouen, Amiens, Lille), on voit bien que rien n’est gagné. Nous sommes non représentatifs dans 12 CE sur 27. Et nous nous retrouvons pris au piège des règles de la représentativité car avec l’UNSA nous n’atteignons pas la barre fatidique des 30 % pour valider un accord d’entreprise.
Souvenez-vous de l’épisode des négociations salariales : la CGT ne voulait pas échanger sa signature contre un plat de lentilles et SUD ne voulait pas de l’aumône patronale. Bénéfice net pour les salariés : perte de 90 € rien que pour cette année en augmentation uniforme de la prime de travail et 130 € déjà de perdu en 2011. Il ne faudra pas hésiter à le rappeler aux cheminots lors de la campagne.
Et oui, la loi sur la représentativité est cruelle. En dessous de 10 %, pas de marge de manœuvre, avec un rôle syndical amputé et minimaliste. Certains le vivent actuellement. Au dessus de 10 %, les portes de la négociation s’ouvrent. Mais à partir de 30 % : le fait de pouvoir valider un accord apporte plus de crédit à nos demandes et attentes. Notre objectif pour 2011 n’est pas d’atteindre les 30 %, ce sera pour une prochaine étape ... mais d’augmenter fortement notre audience, au niveau national, en visant les 15 %, d’être représentatifs dans le plus grand nombre de régions possibles.
Des signes très encourageants existent.
Nous clôturons l’année 2009 avec une augmentation d’adhérents de + 25,72 %. L’apport du Syndicat National des Agents de Conduite (ex-FGAAC) est un des éléments de cette progression importante mais il n’est pas le seul. L’arrivée de militants d’autres organisations syndicales que ce soit de la CFTC (Lyon, Amiens, Lille, Marseille), de FO (Paris Rive Gauche, Bordeaux), de l’UNSA (Lille), voire de la CGT (Montpellier) illustrent bien que le monde syndical est en mouvement et que ce mouvement est loin d’être terminé. Ce mouvement, la CFDT l’incarne.
[...] Pour gagner ces élections, l’ensemble des structures de la CFDT a mis en place un plan de bataille. Que ce soit la Confédération, la FGTE (notre fédération) ou bien l’équipe du Bureau National, chacun apporte son aide pour que cette campagne soit couronnée de succès. Ces aides prennent différentes formes : financement de la campagne, de formations syndicales, plans de développement, moyens supplémentaires ... Et une campagne de communication d’un nouveau style.
Nous sommes tous concernés, chacun apporte sa pierre à l’édifice. L’aide nationale est seulement un des éléments contributifs à notre succès car c’est vous, sur le terrain, qui pouvez, quotidiennement, convaincre vos collègues de travail de nous soutenir en nous apportant leur suffrage. C’est en allant à leur devant, en débattant et discutant avec eux, avec l’aide de documents simples et non simplistes que nous parviendrons à attirer leur attention et donc leur voix.
Nous pouvons vous apporter toute l’aide nécessaire mais nous ne parviendrons pas seuls, au niveau national, à faire ce travail de terrain nécessaire [...].
La balle est dans votre camp, c’est à vous de battre le terrain pour déposer le maximum de listes possible et d’attirer le plus de suffrages possible.
Le contexte nous est favorable.
Nous sortons vainqueurs du conflit sur les retraites. Vainqueurs car nous avons gagné la bataille de l’opinion. La CFDT a su montrer et prouver qu’elle est force de propositions sur des sujets importants de société. Surfons sur notre notoriété reconnue.
La CFDT Cheminots a été claire dans la stratégie décidée collectivement : l’unité syndicale dans un cadre interprofessionnel. Nous sommes rentrés dans un mouvement à quatre OS, nous en sommes sortis à quatre. N’en déplaise à certaines OS qui auraient bien aimé avoir un bouc émissaire.
Nous ne revivrons pas le syndrome de 2003, cette page est définitivement tournée car ce conflit nous a permis collectivement et tous ensemble de l’enterrer.[...]
Et la CFDT Cheminots sera bien présente dans les négociations nécessaires et obligées sur les conditions d’application sur notre régime spécial de retraite. Rappelez-vous 2007 : Qui a constamment mis en avant les problèmes de la pénibilité, des polypensionnés, de la compensation de l’allongement de vie au travail, entre autres ? Qui a obtenu des avancées pour les cheminots ? N’ayons pas peur de le dire : la CFDT.
Arrêtons d’avoir un complexe d’infériorité et soyons fiers de notre travail et des résultats obtenus.
Le 24 mars 2011, un seul vote la CFDT, point barre !
