24 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Réforme des retraites :

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Réforme des retraites :

Sauver la répartition ou préparer la capitalisation ?

Dans le n° 716 d’Actualités nous avions relaté une information de Mediapart qui indiquait qu’avec l’aide de l’Elysée, Guillaume Sarkozy (le frère du président) avait engagé son entreprise (Malakoff Mederik) dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée.

Un document confidentiel, daté de mars 2009, intitulé : « projet de regroupement des activités d’épargne retraite et d’épargne salariale de CNP assurance, de Malakoff Médéric et de Quatrem » souligne : « qu’à l’horizon 2020, une baisse du taux de remplacement de l’ordre de 8 % est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière ». Le document note ainsi que pour les salariés qui auront subi des trous de carrière et pour les générations qui prendront leur retraite après 2020, la baisse du taux de remplacement sera plus forte et a estimé le montant potentiel de collecte d’épargne retraite qui est nécessaire pour financer le maintien du niveau de vie des futurs retraités en 2020. Selon les hypothèses de comportement des individus, le gâteau est compris entre 40 milliards et 110 milliards d’euros.

Ce document confidentiel révèle que « la structure née d’un partenariat équilibré entre la CDC (Caisse de Dépôt et de Consignation), la CNP (Caisse Nationale de Prévoyance) assurance et le groupe MM (Malakoff Médérik) (voir actualités n° 716), aura une action décisive dans la prise de conscience du marché et une contribution majeure au financement des besoins de retraite des salariés, cadres et non cadres. En dix ans, elle s’imposera comme leader des solutions d’épargne retraite collective et individuelle avec une part de marché de plus de 17 % en retraite collective et 4 % en retraite individuelle ».

Ce document de 2009, exprime aussi « la nécessité de développer une nouvelle offre d’épargne retraite qui a quelques similitudes avec l’actuelle réforme ». Leur idée est de compenser l’érosion des taux de remplacements, c'est-à-dire du niveau des pensions versées par les régimes obligatoires, en proposant des solutions de retraite complémentaire aux cadres et non cadres. Cela répond également à une demande du MEDEF qui lors d’une rencontre, en mai dernier, avec le ministre du travail a demandé : « un nouveau dispositif très incitatif, voire obligatoire, de système par capitalisation ».

On en parle moins, mais dans la loi votée par le parlement il y a de nombreuses mesures pour favoriser l’épargne salariale. Les discussions autour du projet de loi ont été, pour les députés UMP (Xavier Bertrand, Arnaud Robinet, Yannick Paternotte), l’occasion de déposer de nombreux amendements pour, selon Arnaud Robinet, : « inscrire l’épargne salariale comme un appui [ à la retraite par répartition ] et non comme un tabou ». Yannick Paternotte, quant à lui, n’a pas hésité à reprendre à son compte les arguments du MEDEF pour expliquer ce volet de la réforme des retraites : « relancer l’épargne salariale constitue une urgence sociale et un gage de compétitivité du tissu économique, favorable à l’emploi de demain ».

Peu importe le caractère très inégalitaire de la retraite par capitalisation, et la logique de ces fonds d’épargne qui cherchent les rendements maximum au détriment de l’emploi (contrairement à ce qu’affirment le MEDEF et le député UMP Paternotte) et prennent tous les risques sur les marchés financiers. C’est en Angleterre, qui dispose d’un système par capitalisation que les retraités ont le plus souffert de la crise, alors que tous les observateurs ont reconnu que notre système de protection sociale (donc aussi notre système de retraite par répartition) a joué un rôle d’amortisseur de la crise.

Ainsi, le gouvernement entend encourager l’épargne salariale avec notamment la possibilité, pour un salarié, d’alimenter de façon individuelle les fonds d’épargne retraite en entreprise. La loi prévoit aussi l’instauration d’un système de versements "obligatoires" (sauf avis contraire du salarié) sur le Plan d’Epargne pour la Retraite collectif, de la moitié des sommes perçues au titre de la participation aux résultats de l’entreprise. Enfin, pour renforcer l’attractivité de la retraite par capitalisation, une mesure prévoit la possibilité d’une sortie en capital, certes limitée à 20 %, lors du départ à la retraite.

Comme pour la maladie, la privatisation est en marche !

 
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