Déclaration de la FGTE-CFDT au Conseil National Confédéral des 20 et 21 octobre
Déclaration de la FGTE-CFDT
au Conseil National Confédéral des 20 et 21 octobre 2010
Depuis fin juin la mobilisation des salariés ne s’est pas affaiblie, bien au contraire, et nous avons gagné le soutien de l’opinion publique. Il faut saluer la fierté des adhérents et des militants à manifester.
Mais nous voyons aussi dans ce rapport de force les limites des actions syndicales face à un gouvernement qui ne veut rien négocier.
● Faut-il franchir le pas vers l’épreuve de force face à une réforme aussi injuste qu’inefficace?
● Faut-il se plier à la loi en attendant des jours meilleurs pour une réforme systémique que le congrès de Tours a validée?
La question qui demeure et qui nous est posée : quel en est le prix ?
Rompre l’intersyndicale ?
● Alors que le sentiment d’injustice est majoritaire chez les citoyens, plus de 70 % de la population soutient ce mouvement!
● Alors que le gouvernement s’apprête à réformer, de la même manière, les autres éléments du contrat social,
● Alors que le poids de la crise pèse de plus en plus sur les salariés et leurs familles,
Ou maintenir et développer la dynamique de mobilisations ?
● Pour obtenir une fiscalité permettant de relancer la croissance et l’emploi,
● Pour obtenir un bouclier social pour les plus démunis,
● Pour en finir avec la conception libérale d’un coût du travail toujours trop élevé.
● Pour arrêter de considérer les salaires comme une charges mais plutôt comme un investissement social.
Nous devrons clôturer ce CNC avec une position claire. Nous le devons aux salariés, aux adhérents, aux militants qui se sont engagés dans ce conflit. Faut-il oui ou non continuer la mobilisation face aux enjeux sociaux à venir ?
Comme l’a dit François, cette réforme des retraites symbolise toutes les injustices ; quelle que soit l’issue des actions sur les retraites, que cette loi soit ou non votée, les raisons d’une mobilisation, la plus intersyndicale possible et notamment avec la CGT, continueront. Ce que nous propose ce gouvernement est une société de la redistribution des richesses à l’envers ! La dette publique ne résulte pas d’un excès de dépenses, en % du PIB, celles-ci sont restées stables depuis 25 ans, mais d’un manque de recettes.
Comme le montre un récent rapport parlementaire, les mesures fiscales consenties depuis 10 ans représentent 100 milliards d’euros par an, sans compter les diverses exonérations de charges sociales à hauteur de 30 milliards d’euros. A la suite des retraites se posent déjà les questions du financement de l’assurance chômage, de l’assurance maladie, de l’emploi des jeunes encore plus fragilisé par cette réforme ... des emplois publics rendus responsables des déficits et que ce gouvernement supprime par dizaine de milliers alors même que la cohésion sociale est menacée ...
Nous ne ferons malheureusement plus de réforme juste et efficace avec ce pouvoir là, qui pose comme principe intangible, la non- augmentation des prélèvements obligatoires et ne répond que par le mépris et le passage en force.
Pour la FGTE, ce n’est pas la question de la sortie du mouvement qui se pose, mais bien la question de sa poursuite, avec l’intersyndicale qui a été un puissant moteur dans les mobilisations ; la question qui se pose aujourd’hui c’est, quelles formes doivent prendre ces mobilisations ? Quelles coordinations aux différentes initiatives d’action prises sur le terrain ? Quel soutien à apporter aux salariés dans ces actions ? Quels sont les moyens financiers mobilisés pour les soutenir ? Ce qui pose aussi la question du rôle de la CNAS ! Les adhérents en grève dans notre champ fédéral, attendent que des mesures concrètes soient prises.
Si la poursuite des manifestations régionales reste toujours d’actualité, se pose aussi de plus en plus fortement la question d’une manifestation nationale unique un samedi ou un dimanche à Paris.
Si effectivement, le gouvernement s’entête, et continue à ne rien vouloir entendre, se pose la question de discuter avec ceux qui veulent entendre, pour préparer une société plus solidaire, à l’inverse de celle que nous propose ce pouvoir !
Notre résolution de Tours nous engage à être le plus proche des salariés et à répondre à leurs attentes. Les salariés - mais aussi les jeunes non diplômés comme les diplômés, les précaires, les femmes, les veuves, les sans-emploi, les sans-papiers, les travailleurs pauvres, les mal logés, les sans abri, les retraités pauvres ou non, les personnes handicapées, les familles mono parentales, les étrangers- toutes et tous demandent justice et respect. Nous devons répondre à leurs appels car :
Lutter contre des réformes injustes, c’est juste.
Vouloir un autre partage des richesses c’est efficace.
Ne pas se retrouver « condamné social » dans
son pays, c’est respectueux.
La CFDT a été moteur et reconnue pour son action sur les 35 h. Son message pour les retraites est lisible et compris par l’ensemble des salariés et de l’opinion publique.
Soyons, à nouveau, moteur et mettons en avant une CFDT combative pour une véritable justice sociale que ce soit pour les retraites, la fiscalité, la protection sociale.
