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Aériens contre la déréglementation en Europe
C’est contre la logique qui fait des salariés la seule variable d’ajustement que nous appelons à agir.
En France, comme dans toute l’Europe, la déréglementation, les privatisations, dictées par toutes les directives européennes depuis le premier « paquet de libéralisation », aggravent la situation des travailleurs du transport aérien dans toutes ses composantes, et dans tous les domaines : qualifications, conditions de travail, précarité, salaires, productivité…
C’est contre la logique qui fait des salariés la seule variable d’ajustement que nous appelons à agir.
1 - A travers la constitution du groupe Air France KLM, l’Etat français se désengage en achevant la privatisation. De nombreuses compagnies telles que SABENA, SWISSAIR, AIR LIBERTE, AIR LITTORAL et AIR AFRIQUE ont récemment disparu. Des milliers d’emplois ont été détruits et la plupart du temps les emplois de « substitution » sont précaires, avec des qualifications et rémunérations dégradées dans les sociétés de manutention et d’assistance en escale. Celles-ci se livrent de plus en plus à une concurrence effrénée, poussées par les compagnies et aéroports dans leur course à la réduction des coûts.
2 - Les low-cost dont Ryan Air et Easy jet pour ne citer que les plus célèbres, constituent un nouveau « cheval de Troie » contre les salariés de l’aviation civile.
Ces compagnies emploient de jeunes Personnels Navigants Commerciaux (PNC) sans Certificat Sécurité Sauvetage, titulaires de contrats de travail britanniques ou irlandais pour effectuer des tâches normalement dévolues à d’autres catégories de salariés telles que le nettoyage ou l’enregistrement. Ces compagnies s’exonèrent du versement des cotisations aux caisses françaises ouvrant ainsi la voie à un véritable dumping social qui crée dans un même pays deux catégories de PNC.
La Commission européenne estime sans doute que les low-costs font partie de l’avenir du paysage européen, d'où son refus de satisfaire la revendication des équipages de cabine : la reconnaissance d’une licence et l’instauration des garanties des salariés pour laquelle les syndicats européens argumentent et revendiquent depuis désormais des années sans succès !
Quant aux personnels des sociétés d’assistance en escale, comme ceux des aéroports, qui ont déjà subi la première vague de déréglementation avec la directive de 96, ils s’opposent avec force et vigueur aux orientations de la Commission et des principes de la révision de la directive de libéralisation de l’assistance en escale, imminente, à savoir :
- plus de concurrence entre prestataires, et multiplication des intervenants dans tous les aéroports d’Europe ;
- interdiction aux aéroports de faire de l’assistance en direct les obligeant à filialiser, en les cantonnant à un rôle de contrôle;
- refus de garantir la reprise des personnels avec maintien, des rémunérations, au nom de la libre concurrence ;
- application de cette libéralisation/déréglementation dans les aéroports de plus petite taille.
3 - Dans le contrôle aérien, l’application des règlements sur le Ciel unique européen sont pour certains une occasion inespérée de plaider pour la « restructuration » de ce secteur d’activité.
Cette volonté d’externaliser et de privatiser certaines tâches dévolues aux organismes de contrôle aérien a pour but de faire rentrer l’industrie du contrôle aérien en Europe dans une logique économique incompatible avec ses objectifs initiaux de sécurité et de service public.
C’est cette même logique qui a poussé le gouvernement à engager le processus de privatisation d’Aéroports De Paris et des 10 principaux aéroports par l’adoption de la loi dite de modernisation des aéroports.
Ces orientations n’ont qu’un seul objectif : baisser la masse salariale !
C’est pourquoi les syndicats français affiliés à ETF, CFDT, CFTC, CGT, FO, UNSA, appellent tous les salariés des compagnies, des aéroports, de l’aviation civile, des sociétés d’assistance en escale et sous-traitantes, à s’inscrire dans l’action lancée par la Fédération Européenne des Travailleurs des Transports ETF le 19 avril 2005, pour exiger :
- le retrait des directives de déréglementation ;
- la prise en compte des revendications, salaires, emploi, et de conditions de travail ;
- la reconnaissance des diplômes, qualifications, licences, avec garanties nécessaires ;
- la reconnaissance de la libre négociation et des libertés syndicales.
