23 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

23 mars : appel de la FGTE

Fédération

23 mars : appel de la FGTE

Le sommet social qui s’est tenu le 15 février dernier n’a apporté aucune réponse concrète sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail et les politiques publiques.

Pour le gouvernement, il faut réduire les déficits publics, mais surtout ne pas revenir sur les mesures fiscales : 80 milliards d’euros, c’est le coût des mesures prises ces dernières années en faveur des familles les plus aisées, 70 milliards d’euros, c’est le coût des niches fiscales. Par contre, il faut diminuer massivement les effectifs des fonctions publiques, et faire des efforts dans tous les domaines pour réduire les déficits publics, y compris la protection sociale.

Sur le pouvoir d’achat, il faut travailler plus pour gagner plus, même si le travailler plus des uns signifie travailler moins pour d’autres. Mais le résultat, c’est, 19 000 chômeurs de plus au mois de janvier (51 000 si on compte toutes les catégories confondues), 600 000 chômeurs de plus de 50 ans, des jeunes qui ont de plus en plus de difficulté à trouver un emploi, des salaires qui ne permettent plus de vivre dignement (payer son loyer, se déplacer, ou tout simplement se nourrir devient difficile pour beaucoup de salariés).

C’est pourquoi, la FGTE appelle à la grève et aux manifestations du 23 mars

Salaires et conditions de travail

Dans les transports, malgré le récent accord dans le transport routier de marchandises, la pression sur les salaires reste une réalité. Le patronat multiplie les chantages au maintien d’emploi en contrepartie d’un renoncement à la revendication salariale. C’est inacceptable, la facture de la crise ne doit pas être payée par les salariés parce qu’ils n’en sont pas responsables, la fiche de paie n’est pas l’ennemie de l’emploi, au contraire, la redistribution des richesses en faveur des salariés est au cœur de cette sortie de crise et d’un nouvel ordre économique plus durable.

Dans le transport public de voyageurs, la crise des finances des collectivités locales amplifie la passation des marchés basée uniquement sur des critères financiers, aboutissant au moins disant social, les acquis sociaux des salariés des ces entreprises sont parfois purement et simplement remise en cause lors du changement d’opérateur.

La CFDT réaffirme son exigence d’intégration de critères sociaux et environnementaux dans la passation des appels d’offre afin que la concurrence ne se fasse pas au détriment des conditions sociales des salariés.

Dans les activités du déchet, la CFDT a d’ores et déjà déposé des préavis de grève dans le cadre des négociations salariales.

Dans la Fonction publique, Sarkozy avait promis moins de fonctionnaires, mais mieux payés, aujourd’hui nous avons moins de fonctionnaires, moins bien payés avec pour seul horizon des primes au mérite qui nécessiteront de baisser le plus possible la prime de 6 fonctionnaires pour permettre à un fonctionnaire d’atteindre le maximum.

L’attitude des entreprises qui, même lorsqu’elles font des bénéfices comme dans les sociétés autoroutières, ne veulent rien lâcher sur les salaires est inacceptable.

Les conséquences de la crise font peser de lourdes menaces sur le pouvoir d’achat des retraités. Cette situation ne peut plus durer. Il faut prendre des mesures particulières en faveur des basses pensions, maintenir le pouvoir d’achat de tous les retraités, rattraper l’absence de revalorisation du 1er trimestre 2009 et améliorer les pensions de réversion.

Emploi

A la SNCF, les restructurations qui touchent la totalité des métiers, suscitent de grandes inquiétudes sur l’emploi des cheminots, et ce n’est pas les embauches programmées qui lèvent les menaces sur les nombreuses suppressions de postes.

La déréglementation dans le secteur aérien continue de provoquer des transferts d’emplois vers le secteur de l’assistance aéroportuaire. Le moins disant social appliqué par les groupes d’assistance est devenu la règle d’obtention des marchés mis en appel d’offre par les donneurs d’ordre que sont les compagnies aériennes. Rajouté à la crise et aux choix hasardeux en matière de politique des transports et vous aurez le cocktail explosif du secteur aérien !

Le secteur maritime a pris de plein fouet la crise, avec une réduction importante des échanges commerciaux, mettant à mal la compagnie française CMA/CGM troisième armateur mondial.

Les suppressions d’emplois dans la Fonction publique viennent d’être sévèrement critiquées par la cour des comptes, mais cela n’empêche pas, pour la seule année 2010, le non remplacement de 30 000 fonctionnaires dont 16 000 pour la seule éducation nationale. Pour préparer l’avenir il doit y avoir mieux ! Au MEEDDM, alors que le gouvernement affiche une priorité sur le développement durable, une lettre du 1er ministre invite à aller au-delà du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite. Alors que l’accès du secteur privé est bloqué, ce sont autant d’emplois en moins pour les jeunes qui sortent du système scolaire. Or le taux d’emploi des jeunes de moins de 25 ans se dégrade.

Protection sociale

Le chômage de masse, et son aggravation liée à la crise, les salaires tirés vers le bas fragilisent notre la protection sociale du fait de la dégradation importante de recettes.

C’est par des milliards d’euros de cadeaux faits aux plus riches que le gouvernement creuse les déficits publics, c’est au nom de ces mêmes déficits publics que le gouvernement propose de réduire les dépenses de la protection sociale qui finissent par dégrader considérablement notre système de protection sociale. Et, peu à peu, cette dégradation sert elle même à justifier des réformes plus profondes encore.

Alors que pour maintenir un âge de départ à la retraite à 60 ans sans baisser le niveau des pensions, il faudrait s’orienter vers la recherche de recettes nouvelles (augmentation des cotisations, taxation des produits financiers, taxation des machines ...), Sarkozy a prévenu, il refuse toute hausse des prélèvements sociaux et annonce que des décisions importantes seront prises d’ici la fin de l’année et notamment le report de l’âge de départ ... 61 ans, 62 ans ... peut être plus !

Un projet de loi sur les retraites est annoncé dans un calendrier serré pour septembre 2010. La CFDT affirme sa volonté d’agir pour que le débat sur les retraites, prenne en compte l’ensemble des questions tant au niveau du privé que du public, notamment le niveau des pensions, l’emploi, le financement, la pénibilité, les carrières longues, les poly pensionnés, le code des pensions et la réduction des inégalités. Le gouvernement doit très clairement s’engager sur la pérennisation des dispositifs et régimes particuliers existants dans les transports. Il doit aussi faire en sorte que de véritables négociations aient lieu sur la question de la pénibilité qui touche de nombreux métiers dans nos professions.

Et si la réaction des salariés venait barrer la route à cette politique ! Tous en grève, tous aux manifestations le 23 mars

 
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