L'union maritime CFDT soutient Alain Bourgeois
C’est pour faire respecter ses droits, qu’Alain Bourgeois, délégué CFDT
L’union maritime CFDT soutient Alain Bourgeois, en grève de la faim
pour faire respecter ses droits et pour remettre l’entreprise dans les clous !
La Société Nouvelle de Remorquage du Havre (SNRH) filiale
française de la société néerlandaise KOTUG, use de tous les arguments pour
contourner les accords de branche de la profession et ne respecte pas ses engagements
vis à vis des Affaires maritimes et certaines dispositions comme l’octroi de congés à ses salariés.
C’est pour faire respecter ses droits, qu’Alain Bourgeois, délégué CFDT à la
SNRH, a entamé une grève de la faim depuis le 13 août, alors même que l’inspecteur
du travail lui donne raison. Mais la SNRH fait partie des patrons de « combat »
prête à tirer sur tout ce qui se met en travers de son chemin. Si le préfet prend
sérieusement les choses en main et a réuni les dirigeants de la SNRH ainsi que les
directeurs des Affaires maritimes, les syndicats, méfiants, demandent que cette société
se mette rapidement dans les clous. Comment deux opérateurs exerçant le
même service, contraints aux mêmes règlements, peuvent-ils opérer dans le même
port en employant pour l’un 120 navigants pour 7 remorqueurs, et pour l’autre seulement
56 marins pour 6 remorqueurs ?
La réponse se trouve en partie dans les accords de branche qui distinguent très
justement, 2 cas dans l’exercice du remorquage et donc 2 organisations de travail :
- soit on se trouve dans un port soumis aux effets de la marée (pas de trafic lors des basses mers),
- soit on se trouve dans un port comme le Havre où les navires rentrent à toute heure.
Dans le premier cas, dit travail en discontinu, il n’est effectivement pas nécessaire, de
maintenir un équipage à bord pendant les heures où l’on sait pertinemment qu’il n’y
aura pas de trafic et on peut programmer les heures de travail contrairement aux
ports dit « ouverts » où l’opérateur ne peut programmer ses activités et se trouve
obligé de laisser un équipage constamment à bord pour assurer son service commercial
et le service de sécurité imposé par les autorités, c’est le travail en continu.
La SNRH quant à elle a choisi l’organisation du travail en discontinu pour assurer
un service continu en se « prévalant » d’une interprétation insidieuse des textes. Mais ce
choix lui impose de prévoir un planning à 24 heures, de repos et de travail pour ses
équipages, ce que l'Inspection du travail lui a rappelé en décembre 2007 et qu’elle
n’a toujours pas mis en place. Elle tend aussi à garder disponibles et aux ordres les
équipages même pendant leurs périodes de repos. En fait les dirigeants de la SNRH
n’assument en rien la responsabilité de leurs choix, dégradant les conditions de
travail et de sécurité, afin d’avoir leur part de gâteau à tout prix.
L’UFM CFDT dénonce les entreprises qui, comme la SNRH, détruisent le droit
social en pratiquant le low-cost. Jusqu'à quand l’Etat laissera t il des patrons agir de
la sorte ? À quand l’Europe sociale ? ¡
Le 2 septembre une manifestation
CGT / CFDT des salariés du remorquage et du portuaire du Havre s'est
tenue aux Affaires maritimes du Havre pour dénoncer les pratiques de la
SNRH et le non respect du droit du travail maritime.
Après 21 jours de grève de la faim d'Alain, toujours aucune réaction de l'Etat !
