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La FGTE au Conseil National Confédéral
DÉBAT D'ACTUALITÉ REVENDICATIVE
Cette intervention est issue d'un débat au sein de notre Secrétariat fédéral réunissant des membres des unions fédérales et de l'Exécutif.
Si nous devons nous interroger sur les réponses que nous apportons à la crise, il faut aussi s'interroger sur les pratiques syndicales, sur le syndicalisme que nous portons. Le syndicalisme doit, bien entendu, obtenir des résultats, mais que signifient les résultats obtenus quand, en dépit des mailles du filet que nous pensons avoir resserrées, les salariés de plus en plus nombreux, passent à travers ces mailles :
- Les gouvernements successifs ont accompagné plus de 20 ans de dumping social qui ont tiré les salaires, les protections sociales, les conditions de travail vers le bas ; c'est le constat partagé par les salariés de notre secteur qui depuis les élections de 2007 voient la situation s'aggraver encore ;
- 7 millions de pauvres et parmi eux de nombreux salariés aux statuts précaires, souvent des femmes en situation de monoparentalité ;
- Des salariés qui aujourd'hui ne gagnent plus suffisamment leur vie pour pouvoir se loger, et parfois même tout simplement se nourrir ;
- Des jeunes, exclus du marché du travail, parfois même avec des formations qualifiantes
- Des seniors qu'on pousse en dehors des entreprises tout en nous tenant un discours sur la retraite à 70 ans...
Faisons collectivement attention de ne pas tomber dans les mêmes travers que les politiques, qui évoquent trop facilement le déficit d'explication et vont chercher ailleurs que chez eux les raisons de leurs difficultés.
Comment parler de syndicalisme de proximité quand avant la rencontre avec Sarkozy, 60 % des français ne croient pas aux mesures proposées. C'est bien cela qui interroge les militants qui trouvent que nous nageons parfois à contre courant, que nous ne sommes pas suffisamment revendicatifs et que nous sommes souvent dans un aveu de faiblesse permanent.
On ne peut pas se contenter de soulager la misère
Le syndicalisme d'entreprise est certes indispensable, mais il ne prend tout son sens que dans une compréhension globale du monde, que dans une action syndicale qui se donne comme objectif la transformation sociale. Le traitement dossier par dossier affaiblit la lisibilité de notre projet collectif, or les salariés ont besoin de le comprendre.
Pour expliquer nos faibles résultats aux prud'hommes, il est fait état des difficultés, dans le contexte actuel, de faire reconnaitre notre syndicalisme de compromis et d'engagement. N'avons-nous pas laissé de côté un élément important du syndicalisme (nous disons laissé de côté car il ne s'agit pas d'opposer l'un à l'autre) ? N'avons-nous pas parfois oublié le syndicalisme de lutte ? Le conflit des logiques existe, et les patrons l'ont parfaitement intégré, eux qui sont souvent à l'origine des réformes faites par eux et pour eux.
Par ailleurs, les difficultés vécues aujourd'hui par les salariés sont telles que si nous voulons que « le compromis ne soit pas interprété comme une compromission », nous devons en permanence rechercher le meilleur rapport de force. Les salariés étaient déjà la variable d'ajustement lors des restructurations avant la crise, ils ne veulent pas être une nouvelle fois la variable d'ajustement pour sortir de cette crise dont ils ne sont pas les responsables.
