23 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

RSA, BON PLAN MAIS MAL FICELÉ

Fédération
BON PLAN MAIS MAL FICELÉ
Qu’est-ce que le RSA (Revenu de Solidarité Active) ? Fondamentalement, c’est la possibilité pour les bénéficiaires du RMI ou de l’API (Allocation de Parent Isolé) de cumuler – en cas de reprise d’emploi – leur salaire et une partie de l’allocation dont ils bénéficiaient. C’est une réponse à une difficulté réelle : travailler implique des frais de transport ou de garde d’enfants par exemple, et le salaire lorsqu’il est trop bas (temps partiel) ne suffit pas toujours à empêcher une baisse de revenu. La CFDT y est donc favorable, cela améliore la situation de travailleurs parmi les plus pauvres, et contribue à ce que le retour à l’emploi amorce réellement une sortie de la galère quotidienne.
 
Il faut cependant éviter toute tromperie sur la marchandise. Le RSA ne s’ajoute pas pour les personnes concernées au RMI, à l’API ou à la prime pour l’emploi, mais les absorbe : pour les personnes concernées, l’augmentation sera de l’ordre de 20 %. Par ailleurs, le cumul d’un salaire très bas et d’une partie du RMI n’est pas une idée neuve, elle était déjà possible depuis 10 ans, mais était limitée dans le temps. D’où la crainte que le nouveau dispositif n’incite pas les employeurs à réduire la précarité, même si, dans les entreprises, nous pourrons intégrer cette exigence et tenter de peser sur les politiques d’emploi. Ses promoteurs prêtent aussi au RSA des vertus sans doute exagérées en matière d’impact sur l’emploi. La question de la mobilité géographique, de la conciliation vie professionnelle/vie familiale ne sont pas qu’une question d’argent. Tant qu’il y aura des régions sinistrées, des offres d’emplois massivement déqualifiés ou sous-payés dans certains secteurs, l’adéquation entre l’offre d’emplois et la demande sera difficile.
 
Quand au financement du dispositif, il ne mérite pas l’étiquette « d’impôt sur le capital ». Le RSA est financé essentiellement par reprise des financements affectés précédemment au RMI et à la prime pour l’emploi (dont les règles vont ê t r e r e v u e s à la baisse). L ’ é p a r g n e restant bien moins taxée que les revenus du travail, le f a i t q u e l e s revenus qu’elle génère soient taxés à hauteur de 1,1 % pour financer les 1,5 milliards restant n’est pas en soi choquant. Ce qui l’est davantage, c’est que les plus riches y échappent totalement du fait du « bouclier fiscal ». Ce qui l’est aussi, c’est la politique fiscale d’ensemble. Après avoir vidé les caisses de l’Etat (paquet fiscal, remboursement aux organismes sociaux des exonérations de cotisations patronales distribuées sans la moindre contrepartie), Sarkozy et son gouvernement invoquent hypocritement le manque de moyens.
 
 
RSA, pouvoir d’achat, prime de transport, pénibilité, franchises médicales : autant de bonnes raisons d’annuler le paquet fiscal, non ?
 
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