Fonds de pension : No, thanks...
Après les fonctionnaires territoriaux allemands, 6 semaines de grève contre l'allongement du temps de travail, les salariés britanniques du secteur public ont mené la plus forte grève depuis plus de 20 ans.
Le système britannique de pensions connaît des difficultés grandissantes. Le pays consacre aux retraites moitié moins (en proportion du PIB) qu’en France, au prix d’une retraite de base forfaitaire très faible (environ 500 euros mensuels pour une personne seule). C’est ce transfert vers le privé, plans de retraite d’entreprises ou individuels, organisé dans les années Thatcher, qui est entré en crise. Sans compter les victimes des scandales du type Maxwell (ce patron de presse a privé ses employés de leur retraite complémentaire en conduisant à la ruine le fonds de pension de ses entreprises) on compte plus de 80 000 salariés qui réclament à l’Etat une indemnisation pour les avoir encouragé à quitter les régimes d’entreprise pour souscrire des plans individuels.
Les entreprises, dispensées de cotisations obligatoires, rognent sur tout : les ¾ des régimes d’entreprise à prestation définie ont été progressivement fermés aux nouveaux entrants, si bien que seulement 15 % des salariés du privé bénéficient encore d’une retraite complémentaire d’entreprise. Si rien n’est fait, on prévoit que 75 % des retraités seront au minimum vieillesse dans 40 ans.
Le Gouvernement Blair, pour en sortir, a donc proposé de relever la pension de base en échange d’un report de l’âge de la retraite à 67 ou 68 ans (au lieu de 65) et de créer un régime complémentaire obligatoire à cotisations définies. La faillite évidente des recettes libérales n’a pas entamé la détermination des patrons, qui ne veulent pas de cotisations obligatoires. Mais elle a remis dans l’action les salariés : 1,5 millions de grévistes du secteur public la semaine passée), contre l’allongement de la durée d’activité.
La liste des pays " difficile à réformer " du fait de la résistance des salariés s'allonge !
