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Les chiffres du chômage dans l’impasse
Le taux de chômage officiel de 8,1% sous-estime la réalité, qui se situe au moins un point au dessus
Malgré l’insistance des statisticiens de l’Insee et de la Dares (service des études du ministère du travail), de leurs syndicats et des associations de chômeurs, les pouvoirs publics continuent de communiquer à partir de statistiques du chômage dénuées de signification. Sans nier qu’il puisse y avoir une baisse de cet indicateur, le taux de chômage officiel de 8,1% sous-estime la réalité, qui se situe au moins un point au dessus. De plus, la diversification croissante des formes d’insécurité sur le marché du travail devrait amener à compléter la mesure du chômage par d’autres indicateurs.
Rappelons que selon la méthodologie habituelle de l'INSEE, le taux de chômage est estimé de façon provisoire au mois le mois à partir de l’évolution des statistiques de l'ANPE et corrigé une fois par an avec les résultats de l'enquête Emploi, qui porte sur un échantillon important (près de 70 000 personnes). En ne procédant pas (pour des raisons électorales ?) au recalage habituel en mars 2007, l'INSEE a préféré accréditer les résultats issus des données de gestion de l'ANPE plutôt que ceux de sa propre enquête Emploi.
Celle-ci montre en réalité une stabilité du chômage au 1er trimestre 2007 par rapport à la fin 2006. D’autres éléments plaident pour la prudence. On relève en effet une nouvelle accélération du taux de radiations fin 2006. Par ailleurs, le taux d'inscription des chômeurs à l'ANPE a diminué régulièrement depuis la mi-2005 (il serait passé de 82% au second trimestre de 2005 à 77% au premier trimestre de 2007).
Le Premier Ministre a créé le 20 juin une « mission pour faire le point sur les modalités de calcul des chiffres du chômage ». Pour la première fois, le gouvernement reconnaît l’existence d’un problème avec la « qualité de nos informations statistiques ».
