Aérien : "bas coûts" égale coups bas
Le développement de l'implantation d'une compagnie " low cost" en France est à l'opposé d'un développement durable du transport aérien.
La compagnie à bas prix Ryanair accentue son implantation en France : ouverture d'une base d'exploitation à Marseille, création de nouvelles lignes. Sa bataille juridico-médiatique avec Air France s'amplifie. La Fédération Générale des Transports et de l'Equipement CFDT et son Union fédérale Aériens n'entendent pas se situer sur ce plan
L'ouverture d'une ligne et sa fermeture rapide en cas de difficultés sont pratiques courantes chez ce type d’exploitants. Pour l'UFA et la FGTE CFDT, cela pose la question d'un développement régional réellement durable et celle de la pérennité des emplois du secteur aérien dans de telles conditions.
Les personnels de ces compagnies, bien que travaillant sur le sol français ou à partir du sol français (les navigants), relèvent aujourd'hui du droit du travail du pays de la compagnie. Celle-ci, en matière de sécurité, n'est tenue qu'au minimum exigé pour les aéronefs étrangers.
En attendant l'élaboration d'un véritable droit du travail européen, la FGTE CFDT et l'UFA revendiquent que l'implantation en France d'une compagnie d'un pays tiers soit conditionnée par l'obligation de respecter les règles sociales françaises : rémunérations, retraite, contrats d'embauche et droit du travail. Elles approuvent et soutiennent toute initiative allant dans ce sens.En liaison avec les fédérations européenne (ETF) et mondiale (ITF) des travailleurs des transports, elles condamnent les pratiques antisyndicales de la compagnie Ryanair.
Sur les questions de sécurité des vols, l'UFA et la FGTE CFDT demandent que les règles du droit français en matière de conditions techniques d'exploitation des avions en transport public de passagers soient, dès a présent, appliquées à ces compagnies en attendant la mise en œuvre d'une législation européenne sous l'autorité effective de l'Agence européenne de la sécurité aérienne.
(août 2006)
