22 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Le bide du CNE

Fédération

La Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques du ministère du travail et de l’emploi vient de publier son évaluation du CNE

Contrat Nouvelle Embauche : le bide !

 

La DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques du ministère du travail et de l’emploi) vient de publier son évaluation du CNE effectuée à partir d’une enquête auprès de 3000 chefs d’entreprise de moins de 20 salariés ayant recruté des salariés en CNE en octobre 2005.

Il s’agit d’abord d’un bide du point de vue des créations d’emplois. Il y a bien eu 440 000 embauches au cours des 6 mois qui sont l’objet de l’étude, mais au bout de ces 6 mois, 30 % des embauchés sont déjà dehors ! Par ailleurs une bonne part des embauchés l’auraient été, sous une forme sou sous une autre, de sorte que la DARES estime à 40 000 seulement le nombre d’emplois créés. L’agence centrale des organismes de sécurité sociale, qui encaisse les cotisations sociales, avance même un chiffre inférieur et l’INSEE aussi. Comme il est probable que l’effet d’aubaine des premiers mois va se dissiper petit à petit, on ne va tarder à s’apercevoir que ce contrat n’est pas fait pour développer l’emploi, mais bien pour miner le Code du Travail.

Autre point éclairant de cette étude : 6 mois après, 30 % des salariés ne sont plus dans l’entreprise. 40 % d’entre eux ont été virés, les autres sont partis à la première occasion plutôt que de rester sur leur siège éjectable. Un tel contrat – qui peut être rompu à tout instant sans motif et est soumis à un arbitraire patronal total – n’est accepté que faute de mieux. Les contentieux au prud’hommes sont d’ailleurs en train de fleurir, avec des cas flagrants : licenciement de femmes enceintes, refus de payer les heures supplémentaires, réembauche après la fin d’un CDD etc…On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, des salariés malmenés et motivés à la fois. Tout le monde le sait, même certains responsables patronaux. Le Gouvernement sera-t-il une nouvelle fois le dernier à reconnaître l’échec de cette politique ?

 
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