22 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

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Les conseillers prud’hommes dans le collimateur. Les attaques se multiplient contre les conseillers prud’hommes ...

Les attaques se multiplient contre les conseillers prud’hommes, notamment ceux du collège salarié, sommés de justifier rétroactivement le temps passé à la rédaction des jugements, voire traînés devant les tribunaux comme en Savoie. Une loi en cours de discussion au Parlement va renforcer encore la pression, et nécessite une mobilisation des organisations syndicales.
 
En Alsace, le conflit est ouvert depuis plusieurs mois, la Cour d’appel refusant de rembourser autrement que sur une base forfaitaire très inférieure au temps réellement passé. Tous les conseillers CFDT ayant des responsabilités dans les conseils ont ou vont démissionner. Mais le conflit ne cesse de monter.
 
Aujourd’hui, Pierrot THOMANN, conseiller prud'hommes en section Industrie à Mulhouse, et par ailleurs responsable du secteur juridique de la CFDT Alsace, est poursuivi par son employeur la Société Superba devant le Conseil de Prud'hommes de Colmar. Celle-ci lui réclame la modique somme de 5700€ que la Cour d'Appel de Colmar refuse de rembourser à ladite société au titre du maintien de salaire assuré aux élus pour l'activité prud'homale de Pierrot THOMANN en 2005.
 
A Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), l'ex-président du conseil des Prud'hommes et des conseillers du collège salariés sont poursuivis en correctionnelle pour "faux, usage de faux et escroqueries" sur la même base. Le procureur a requis 10.000 euros d'amende, dont 5.000 avec sursis, à l'encontre de l'ex-président et de 1.500 à 4.000 euros contre huit des neufs conseillers poursuivis. Le Conseil lui-même est paralysé depuis deux ans, les syndicats CFDT et CGT refusant de siéger dans ces conditions.
 

Ces affaires ne sont pas un phénomène isolé. Un article glissé en catimini dans le projet de loi sur « le développement de la participation et de l’actionnariat salarié » débattu actuellement au Parlement modifie l’actuel article L.514-1 du Code du Travail, qui encadre les vacations des conseillers prud’hommes. Il prévoit notamment une durée maximale de 3 heures pour la rédaction d’un jugement et d’une demi-heure pour préparer une audience de référé, qui dans un Conseil comme celui de Paris, comporte régulièrement plus de 40 affaires !

Cette contrainte est totalement irréaliste et complètement contraire au bon fonctionnement des conseils de prud’hommes. Le temps passé à la rédaction d’un jugement dépend de la complexité du dossier et de l’expérience du rédacteur (les juges sont des élus et non des professionnels du droit). Par ailleurs, un soin particulier doit être apporté à la motivation du jugement, qui garantit la solidité des bases sur laquelle une décision est prise et est nécessaire à sa compréhension par le justiciable, ne serait-ce que pour lui permettre d’analyser l’opportunité de faire valoir ou non son droit à recours. Si la recherche d’économies par le ministère de la justice prenait le pas sur le bon fonctionnement des conseils de prud’hommes, ce serait leur existence même qui serait tôt ou tard menacée, car il s’agit d’une institution qui n’existe nulle part ailleurs en Europe. Des Conseils à Présidence CFDT ont déjà réagi, généralement avec le soutien des conseillers salariés de tous bords : semaine d’action à Longjumeau, courrier adressé aux parlementaires à Paris. Il faut maintenant que cette campagne prenne plus d’ampleur et implique les confédérations elles-mêmes.

 
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