La SNCF recule sur les fermetures de lignes, mais l’Etat se défile
À la lecture des nouvelles propositions que le Président Gallois a présentées le 5 octobre au sujet de l’avenir de trois lignes ferroviaires transversales, nous actons le fait que le projet initial de suppression de trains de la Direction SNCF a été revu à la baisse. Nous y voyons là la marque des différentes mobilisations auxquelles ont pris part les cheminots et les populations.
Ce dernier projet, soumis à l’examen des Régions, suscite de notre part des remarques, notamment sur la stratégie qui, sous couvert de réduire les coûts, consiste à morceler les dessertes en organisant des ruptures de charges avec pour conséquences négatives une perte d’attractivité de ces lignes et des menaces sur leur pérennité. Nous avons fait part de ces remarques au Président de la SNCF dans un courrier daté du 10 octobre dans lequel nous pointions également de profonds désaccords sur l’attitude du Gouvernement...
Nous pensons que pour des relations ferroviaires d’intérêt national, concourant à l’aménagement du territoire et aux services publics qui relèvent de la compétence et de la responsabilité de l’État, celui-ci doit prendre toute sa place dans le financement de ces investissements.
Cela est incontournable pour les trois lignes concernées mais aussi pour la vingtaine d’autres lignes qui sont toujours dans le « collimateur » de la Direction SNCF et du Gouvernement.
Ce refus gouvernemental de participer financièrement au maintien et au développement des dessertes ferroviaires hypothèque l’efficacité et l’avenir du dispositif que le Président de la SNCF a soumis aux Régions, situation qui le conduit d’ailleurs à suggérer de nouveau des subventions d’investissement des collectivités locales. Cette stratégie nous inquiète d’autant plus que l’équilibre de ce montage est pris aujourd’hui en charge par la SNCF, (comme le précise son dossier : « la mise en oeuvre de ce programme complémentaire, si il est retenu par les Régions, ferait l’objet d’un avenant aux conventions TER sans conséquence financière pour les Régions »).
Cette politique de désengagement conjuguée à la détérioration des conditions de transport constatée dans certaines régions faute de moyens contribue à affaiblir le Service Public ferroviaire et l’aménagement du territoire. Nous demeurons opposés au désengagement de l’État sur les Trains Nationaux. Nous appelons à la poursuite des mobilisations pour gagner un véritable développement du service Public répondant mieux aux attentes et besoins des populations.
Nous maintenons nos exigences portant sur la prolongation du moratoire sur l’avenir des Trains Nationaux et la tenue d’une table ronde nationale réunissant l’ensemble des acteurs concernés.
(novembre 2005)
