19 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

SOGERMA: une table ronde

Transport aérien

SOGERMA, AEROGARES LOW COST, AEROPORTS PRIVATISES : des conflits en absence ou pour cause de stratégie industrielle.

En quelques jours, les nuages s’amoncellent sur le ciel du secteur aéronautique de France.
 
Les salariés de SOGERMA du site de Mérignac, soit plus de 1000 personnes (ouvriers, cadres, techniciens, tous de haute compétence professionnelle), apprennent la décision d’abandon de  toute activitéprise par leur Conseil d’administration à Amsterdam, siège de la holding EADS. Sous prétexte de rentabilité insuffisante à court terme, des décisions brutales sont prises sans ménagement pour les hommes et les femmes de SOGERMA et de ses sous-traitants. Les investissements dans les  bâtiments industriels, y compris ceux financés par des fonds publics, sont abandonnés et pourront toujours être reconvertis en  musée de l’industrie aéronautique … défunte.
Bien sûr, la main sur le cœur, les dirigeants du Groupe annoncent des mesures sociales exemplaires : reclassement sur Airbus ou Eurocopter. Cela suppose une mobilité géographique vers Toulouse ou Marseille. Combien resteront en chemin parmi les personnels  de SOGERMA et des sous-traitants ?
 
De plus l’UFA CFDT s’interroge sur les effets prévisibles de la transformation du statut des principaux aéroports français ; en particulier celui d’Aéroports de Paris qui va de facto conduire à sa privatisation partielle dans quelques semaines. L’émergence de terminaux ou d’aéroports dédiés aux compagnies à bas coût, à la demande d’acteurs politiques locauxespérant des retombés économiques immédiates, ne manquera pas d’accentuer les distorsions de concurrence et donc la pression sur les salariés ainsi que de désorganiser encore un peu plus l’activité aéroportuaire. Les conflits ne tarderont pas à surgir, de plus en plus nombreux.
 
Les engagements gouvernementaux pour justifier les ouvertures de capital, antichambre de privatisations fermes et définitives, ne durent que le temps des promesses quin’engagent queceux qui les croient. Les exemples récents sont légions (France Telecom, Gaz de France, EdF, les sociétés d’autoroutes, etc) et les déclarations solennelles à l’Assemblée Nationale du gouvernement n’y feront rien. Les dirigeants de ces groupes privés, souvent ex hauts fonctionnaires reconvertis, poursuivront la logique qu’attendent d’eux leurs actionnaires : une rentabilité financière élevée à court terme.
 
L’UFA CFDT déplore ces gâchis humains dans le secteur aéronautique tant industriel qu’aéroportuaire et des compagnies aériennes. La privatisation à marche forcée de pans entiers de nos industries montre son vrai visage. Les entreprises de l’ex secteur public sont les premières à délocaliser y compris quand l’Etat reste un actionnaire symbolique.
L’UFA condamne la mise en concurrence absurde des activités de maintenance aéronautique entre sociétés françaises pratiquée dans l’opacité la plus totale quant aux stratégies décidées.
 
Un véritable projet industriel français ou européen semble être la seule voie pour stopper la casse de ce secteur industriel et donc de ses salariés. C’est pourquoi l’UFA CFDT réitère sa demande d’une table ronde du transport aérien et des activités qui s’y rattachent.
 
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