19 mai 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Mardi 8 novembre, action européenne des cheminots

Transport ferroviaire

Cheminots

Mardi 8 novembre, action européenne des cheminots

Les 15/16/17 novembre 2011, les député(e)s européens débattront du projet de Directive " refonte du 1er paquet ferroviaire ". La Fédération Européenne des Transports qui rassemble des cheminots de 41 pays européens, a décidé d’organiser une journée européenne de grèves et de manifestations le 8 novembre 2011 partout en Europe.

L’objectif de cette action européenne massive est de faire pression sur les débats parlementaires pour réorienter un texte qui ne vise qu’à donner un coup fatal aux entreprises historiques, à favoriser l’émergence d’entreprises extérieures au monde du transport ferroviaire, et à remettre en cause les garanties collectives des cheminots des entreprises actuelles (publiques et privées).

Pour les cheminots de l’Infrastructure

Le manque important d’investissements publics, le recours accentué aux Partenariats Publics-Privés (où le risque financier est entièrement supporté par la collectivité), la soif de bénéfices rapides des intervenants privés, va accélérer la détérioration de la qualité du travail par l’allongement des visites et des parcours par exemple. L’histoire dramatique du chemin de fer britannique des années 80 et 90 est l’exemple flagrant de cette catastrophe en devenir.

Pour les cheminots du Matériel (entretien)

L’objectif du projet de Directive est de mettre à disposition les « services essentiels » (stations de carburants par exemple). Cela pourra être étendu, dans les faits, à l’entretien courant ou accidentel des véhicules ferroviaires.

Avec l’obligation de réaliser des interventions et réparations dans la seule optique du " moindre coût ".

L’injonction européenne de séparer complètement les ateliers de maintenance des entreprises ferroviaires sera lourde de conséquences si elle était concrétisée.

C’est la dernière étape avant la privatisation (filialisation) complète qui résultera immanquablement de cette séparation.

La recherche du coût le plus bas, élément essentiel pour développer des marges bénéficiaires pour les entreprises, va accélérer l’utilisation de pièces détachées usagées, réutilisées à l’extrême limite de la fiabilité entrainant une prise de risque (soi-disant calculée) sur la sécurité.

Pour les cheminots de la Circulation

Elément intégrateur dans la fiabilité du système ferroviaire, les cheminots gérant la circulation des trains quotidiennement connaissent des difficultés croissantes liées à l’afflux de nouvelles entreprises sur le réseau souvent saturé. Ils doivent aussi gérer les priorités définies arbitrairement entre les différents types et sociétés de transports (voyageurs, fret, travaux sur le réseau). Cela provoque des dysfonctionnements et des retards dans la circulation et la colère légitime des usagers.

La séparation complète exigée entre la circulation et les autres intervenants (infrastructure et transporteurs) a provoqué le délitement des solidarités professionnelles nécessaires qui permettaient des solutions rapides en cas d’incidents.

Pour les cheminots des Gares et du secteur Commercial

Pour le projet de directive, l’heure est à la marchandisation de nos gares. Les cheminots constatent la privatisation accélérée des espaces sur une grande superficie faisant peser un risque sur la qualité de l’accueil et le bon fonctionnement d’une gare.

Ce sera le low-cost aérien appliqué au réseau ferroviaire avec des trains aux horaires confirmés peu de temps avant le départ à l’image des charters aériens des années 80 ! (cf. les T.A.R.A. trains à horaires garantis quelques heures avant départ).

Pour tous les cheminots…

C’est la remise en cause des entreprises publiques actuelles par l’article 5 du projet (statut juridique, conditions contractuelles des personnels) et donc de la SNCF en tant qu’EPIC. C’est exactement ce qui s’est passé pour le secteur de l’énergie, de la poste et des télécommunications, avec immanquablement une hausse des tarifs pour les usagers et souvent des problèmes de qualité dans les services, malgré des prix d’appels très bas sur un très petits nombres de trains.

Sous le prétexte de " l’équité concurrentielle " , le secteur privé exige le démantèlement des grandes entreprises publiques ferroviaires dans certains pays et la poursuite de la libéralisation dans ceux qui ont vu leurs compagnies historiques éclatées en une multitudes de filiales par des montages type Holding pour certains et des séparations complètes pour d’autres.

Un combat syndical indispensable !

La CFDT cheminots, avec la Fédération Européenne des Travailleurs des Transports (ETF), considère que ce projet de " refonte " constitue un vrai danger pour les chemins de fer en France et en Europe. ■

 
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