03 septembre 2010
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement
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Déclaration au CNC

Conseil National Confédéral

Intervention d'André Milan, Secrétaire général de la FGTE-CFDT au CNC des 21 et 22 octobre 2009

O ù en est la crise ? Voilà une question intéressante. Pour les banques elle est finie car la spéculation financière, les cours de la bourse et les bonus sont revenus à la normale. Tellement normal que les parlementaires de tous bords s’en étonnent. Le gouvernement, lui, veut en sortir (de la crise bien sûr) à coup de restrictions budgétaires, de réformes.

Où en est la régulation ?

Elle peine à se mettre en place dans le cadre de la gouvernance bancaire, dans la distribution du crédit et encore moins quand il s’agit de l’encadrement des revenus des dirigeants. En revanche la dérégulation n’est pas finie : travail du dimanche, bouclier fiscal, loi TEPA.

Pour paraphraser le rapporteur, je me demande : Où en est la vraie vie ?

Avant, les jeunes et les seniors n’avaient pas de boulot, ils n’en n’ont toujours pas. Avant le chômage progressait, il progresse toujours. Avant la précarité des contrats et des salaires s’aggravait, elle s’aggrave toujours. Les étudiants étaient pauvres, ils le sont encore, les travailleurs devenaient pauvres, ils le sont un peu plus.

La faute à la crise ou au mépris du dialogue social ? Les salariés, dans leur ensemble subissent les deux puisque les restructurations avec licenciements se sont accrues. Le gel des salaires aussi s’est accru et les négociations salariales sont au point mort.

Le patronat est-il un interlocuteur ? Peut-être, mais malheureusement pas dans nos secteurs d’activités. J'en veux pour preuve le dernier exemple en date. Hier soir, le patron de Servisair, monsieur Derichebourg, a eu peur de négocier malgré la présence de la police, du médiateur, de salariés et de délégués syndicaux responsables et, au téléphone, la voix rassurante du conseiller social de M.Borloo. Peur de négocier après une grève de six jours qui n’avait pas lieu d’être si la simple application de la convention collective et du cahier des charges de l’appel d’offre avaient été respectée. 432 salariés sont menacés de perdre leur emploi par ce simple fait.

L’attitude des patrons routiers, après les actions intersyndicales, là encore plus que responsables, des 6 et 7 octobre, demeure méprisante et irresponsable dans la négociation des salaires et des frais de déplacements comme ils sont irresponsables quand ils opposent le social à l’environnemental lors du débat sur la contribution climat énergie.

Au fond, nous proposerions volontiers que nous cessions de parler par catégorie, chômeurs, jeunes, précaires, seniors, salariés licenciés ou non mais que chaque fois, que nous parlons d’eux nous les nommions par leur prénom. : Nadia, Eric, Isabelle, Raphaël et tous les autres. Car c’est cela notre quotidien dans la vraie vie. Voilà une réponse concrète au rapporteur quand il nous interroge sur la stratégie syndicale de la CFDT.

Oui, comme tant d’autres nous relayons les objectifs revendicatifs. Oui, nous sommes présents dans les entreprises. Oui, nous sommes mobilisés et engagés sur le court terme et sur le long terme. Oui, nous serons présents le 4 décembre mais aussi la veille en organisant un rendez-vous FGTE avec les DSC. Oui, nous profitons de la bulle syndicale spéculative à la SNCF où, après la FGAAC, nous accueillons la CFTC, mais nous sommes aussi capables de nous tirer une balle dans le pied comme chez Brittany Ferries malgré les efforts conjoints de l’URI Bretagne et de la FGTE.

Mais nous nous interrogeons sur la capacité de nos interlocuteurs traditionnels à être dans la vraie vie. C’est en cela que nous craignons le rendez-vous de 2010 sur les retraites. Pas de réforme précipitée sans respect des engagements de 2003 et plus particulièrement sur la pénibilité. Car toute réforme qui prétend retarder l’âge de départ, allonger la durée d’activité ou offrir des possibilités de choix est injuste si elle ne tient pas compte des différences d’espérance de vie et des capacités à prolonger son activité, selon la carrière effectuée.

Je terminerai mon propos sur le grand emprunt car s’il n’est pas dénaturé, il nous engagera dans la voie du développement durable, dans une façon de penser autrement les solidarités et la réduction des inégalités. Ce grand emprunt serait aussi une réponse à tous ceux qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Il y a urgence à s’intéresser aux milliards de citoyens de cette planète. Ce doit être aussi cela notre quotidien dans la vraie vie.

 
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