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Halte à la répression en Iran
Il y a tout juste un an, Mansour Osanloo, Président du syndicat Sherkat-e Vahed, le Syndicat des agents de la société de bus de Téhéran et banlieues affilié à l’ITF, était brutalement enlevé dans un bus de Téhéran, à
proximité de son domicile, par des agents de la sécurité non identifiés. Cet événement est survenu seulement trois semaines après sa participation à des réunions syndicales internationales organisées par l’ITF et par la CSI à
Londres et à Bruxelles. Le mouvement de protestation international a pris de l’ampleur au cours des mois pour culminer en une journée d’action mondiale le 6 mars 2008. À l’heure actuelle, ce mouvement se poursuit.
Le 5 juin dernier, Mansour Osanloo a rédigé une déclaration dans laquelle il expliquait qu’il avait été « fortement battu, insulté et maltraité » lors de l’incident. Le traitement qu’il subit en prison est particulièrement dur et
probablement exagérément pénible et s’accompagne de fortes pressions psychologiques.
Sa détention est liée à ses activités en tant que Président du Syndicat. La condamnation vise àopprimer le véritable mouvement des travailleurs en Iran, pays dans lequel des organisations cautionnées par l’Etat, comme la Maison des travailleurs et le Conseil islamique des travailleurs, ne sont pas parvenues à représenter les salariés. Mansour Osanloo et son syndicat continuent d’agir pacifiquement et démocratiquement. Mansour Osanloo est un prisonnier d’opinion, détenu pour ses convictions dictées par sa conscience.
En ce jour anniversaire de son enlèvement, la Confédération Syndicale Internationale, l’ITF et Amnesty International exigent une fois encore la libération immédiate et inconditionnelle de Mansour Osanloo. Elles demandent également instamment au gouvernement iranien qu’il reconnaisse le Syndicat Vahed en tant que véritable organisation de travailleurs et qu’il mette un terme à la répression qu’il mène envers lui.
Elles déclarent craindre que ceux qui ont été renvoyés de leur poste ou qui se sont vu interdits de retourner au travail parce qu’ils auraient participé au mouvement de grève de janvier 2006 dans les bus de Téhéran soient davantage punis pour leurs activités syndicales pacifiques et pour avoir exercé leur liberté d’expression et d’association. Au-delà, elles s’affirment particulièrement inquiètes de l’accélération de l’oppression menée à l’encontre du mouvement syndical indépendant en Iran. Outre les enlèvements et les emprisonnements de dirigeants syndicaux, des arrestations en masse ont toujours cours sur les lieux de travail où un véritable syndicalisme prend forme, comme nous avons pu le constater récemment avec l’arrestation de 20 salariés de l’usine de sucre de Taft Hapeh.
Elles appellent à unir toutes les forces pour parvenir à l’objectif commun, à savoir que les travailleuses et les travailleurs en Iran puissent bénéficier des droits humains et syndicaux fondamentaux auxquels tous les travailleurs ont droit, quel que soit le lieu où ils vivent. Les droits des travailleurs sont des
droits humains.
