06 septembre 2008
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Colloque sur les transports

Fédération
Grenelle de l’Environnement
 
Un colloque sur les transports au C.E.S
 
Le 19 juin, à l’initiative des organisations syndicales, des ONG et des associations membres du Grenelle de l’Environnement, s’est tenu un important colloque sur le thème « Agir pour des transports écologiquement, socialement et économiquement durables ». En présence du secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique BUSSEREAU, universitaires (Michel SAVY), responsables associatifs (notamment Jean SIVARDIERE de la FNAUT et Michel DUBROMEL de France Nature Environnement), journalistes (Guillaume DUVAL d’Alternatives Economiques) et responsables syndicaux (notamment le secrétaire général d’ETF, Eduardo CHAGAS) se sont exprimés au cours de trois tables rondes (bilan de la politique des transports - transports et Grenelle, avancées et incertitudes - exigences des acteurs, besoins et financement du système de transports), conclues par Jean-Paul BESSET pour la Fondation Nicolas HULOT.
 
Pour la FGTE-CFDT, c’est André MILAN, nouveau Secrétaire Général, qui est intervenu.
 
«…Les crises alimentaires, énergétiques et financières mais aussi climatiques nous interrogent fortement sur nos modes de production et de consommation et par conséquent sur l’organisation des transports en France et en Europe bien sûr mais tout autant de par le monde. Les enjeux, en particulier dans le domaine de l’énergie, doivent nous inciter mais aussi la société toute entière à pointer « les dégâts du progrès »    
                                                                                                                          
 Crises alimentaires qui demandent un débat urgent et nécessaire sur les agro carburants. Crises énergétiques que l’ont peut guère dissocier des enjeux climatiques. Crises financières mais plus crûment crises sociales qui jettent des millions de pauvres dans les rues du monde et qui instituent précarisation et inégalités au rang de politique sociale.
 
Si les crises que nous vivons appellent des réponses immédiates, elles demandent également des politiques de long terme. Tout le monde dans cette salle connaît l’importance de la combinaison logement/emploi /transport/équipements sociaux-culturels et qui constitue le socle de la cohésion sociale.
 
Faire le bilan de la politique des transports, c’est je crois d’abord rappeler trois repères :
-          La parution du livre blanc européen qui instaure une politique favorisant les modes de transport alternatifs à la route
-          Sa révision à mi mandat qui réoriente cette politique en faisant de ces modes de transport alternatifs des modes complémentaires au mode dominant qu’est la route.
-          Le Grenelle de l’environnement qui consacre les transports alternatifs à la route au rang des priorités.
Je note au passage que le projet de loi relatif à sa mise en œuvre est loin d’être à la hauteur des enjeux de société.
 
Les financements n’ont jamais été à la hauteur des politiques tant françaises qu’européenne. Que ce soit dans la réalisation des anciens contrats de plan ou dans la construction d’un schéma européen d’infrastructures. La faillite actuelle de l’AFIFT, aggravée par la privatisation des sociétés d’autoroutes, en dit long sur cette incohérence. Pour la FGTE-CFDT, les partenariats public/privé pose le problème des coûts d’entretien à long terme. Qui paiera, après la période d’amortissement, les nécessaires coûts d’entretien, l’usager ou le contribuable ?
 
Depuis le livre blanc et alors que la demande de transport croît, toutes les politiques mises en œuvre sont d’inspiration libérale. C’est à ce titre que la libéralisation des secteurs  maritime, routier, aérien, ferroviaire s’est faite au nom de la libre circulation des biens et des personnes. C’est aussi dans le même temps le transfert des subventions du secteur public vers des monopoles privés au nom de la compétitivité et de la défense du pavillon français. Ces incohérences ne vont pas dans le sens d’une régulation par la puissance publique.
 
Faire le bilan des transports, c’est poser la question de l’étalement urbain qui produit à la fois pollution et paupérisation. La FGTE-CFDT demande des négociations systématiques lors de l’élaboration des plans de déplacement des entreprises. Nous militons également pour que le covoiturage fasse partie de l’offre publique de transport au même titre que le transport à la demande.
 
C’est aussi repenser la desserte des marchandises en ville en favorisant les expérimentations de tramway fret et l’implantation de plates-formes multimodales à condition que celles-ci fassent parties d’un schéma territorial cohérent et concerté.
 
C’est encore favoriser la complémentarité des modes de transport avec la création d’autorités organisatrices de la mobilité durable pour agir sur tous les leviers ; transport, voirie, urbanisme, stationnement, accessibilité.
 
C’est conserver et développer des services publics car ils correspondent à la délivrance de droits fondamentaux.
 
Faire, enfin, le bilan des transports pour une organisation syndicale, c’est illustrer le bilan social notamment par l’exemple de l’attractivité des métiers et de la qualité de l’emploi.
 
Comment appeler à l’urgence sur la pénurie d’emplois quand la création du RIF a limité le nombre d’officiers français à bord des bateaux ? Pourquoi appeler à la rescousse l’euro méditerranée quand les centres de formation des marins ferment leurs portes ?
 
L’étude de la Confédération Européenne des Syndicats montre que les opportunités de création d’emplois existent sous la contrainte du réchauffement climatique. Nous devons saisir cette occasion pour créer des emplois de qualité donc bien rémunérés.
 
Notre fédération qui vient de tenir son congrès s’engage dans le développement durable. Notre présence ici, notre travail régulier avec des ONG comme France Nature Environnement et d’autres associations nous oblige à élargir notre champ de vision, à intégrer des logiques différentes, à repenser nos actions.
 
Pour la FGTE-CFDT c’est cela agir pour des transports durables. »
 
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