24 juillet 2008
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Conseil National Confédéral

Fédération

Intervention FGTE-CFDT

 
Conseil National Confédéral / Actualité revendicative
 
24 au 26 mai 2007
 
1/ Le taux de participation au 1er tour des présidentielles, élevé, historique disent certains, démontre que l’intérêt pour la politique n’est pas éteint. Tous ceux qui avaient disqualifié depuis quelques années les responsables politiques en seront pour leurs frais. C’était sans compter non plus avec le travail de nombreux militants pour inciter les citoyens, dans les cités et ailleurs, à s’inscrire et à voter.
 
Si le choix du second tour se fera sur des projets très différents, il se fera aussi sur une ambition et sur la justice sociale, au fond sur une ambition de justice.
 
Le projet du candidat de droite, chef du parti au pouvoir depuis 2002, après avoir invoqué Jaurès et appelé les classes populaires à le rejoindre, veut faire oublier que ce même candidat, Ministre de l’intérieur, a fourbi 50 escadrons de CRS pour mater une grève des routiers en 2002 et, dernièrement, criminalisé le travail, notamment dans les transports publics, dans sa loi sur la prévention de la délinquance.
Faut-il parler de l’utilisation abusive de fichiers informatiques pour contrôler et éliminer des salariés de leur emploi ?
Faut-il accepter une franchise globale sur les remboursements maladies et laisser exploser les honoraires des médecins ?
Et que dire des incidents de la gare du Nord quand les agents de contrôle RATP ou SNCF soulignent des rapports de plus en plus difficile avec la Police.
 
Peut-on enfin, au nom de la performance, ne promettre que de la sueur et des larmes aux salariés, et un maximum d’aide et de soutien aux entreprises.
 
Le choix du 6 mai se fera sur une ambition pour notre pays et pas seulement, uniquement, sur un modèle de gestion dans lequel il serait presque indécent de mettre en avant des objectifs concrets de réduction des inégalités sociales, de prise en compte des difficultés de vie du plus grand nombre.
 
Pendant cette campagne, la FGTE a interpellé 5 candidats de gouvernement, 4 nous ont répondu.
Pouvoir d’achat, emploi, développement des services publics, développement durable résument notre interpellation.
Sur le service minimum par exemple, l’UMP en la personne du député de Savoie et responsable UMP des transports M.BOUVARD favorise la loi alors que Ségolène ROYAL pour le PS refuse l’idée d’une loi et favorise le dialogue social.
 
Pour terminer sur la campagne électorale, nous pouvons regretter une moindre visibilité de la CFDT pendant cette campagne notamment sur le rejet des extrêmes et le respect des libertés. Nous parlons bien de visibilité pas de convictions. Il nous paraît toujours aussi indispensable de ne pas baisser la garde et de continuer à combattre les idées d’extrême droite.
 
 
2/ Le débat d’actualité revendicative d’aujourd’hui nous invite à réinvestir le débat sur la construction européenne, l’actualité sociale et notre stratégie syndicale.
 
Le rapporteur, dans sa présentation, éloigne d’emblé l’ajout d’un protocole social au traité constitutionnel mais souligne la nécessité de réduire les concurrences sociales et s’interroge sur le contenu de l’Europe sociale.
 
Nous avons déjà eu l’occasion de rappeler notre attachement à une fiscalité européenne et à l’établissement de normes sociales permettant de lutter contre les pavillons de complaisance dans le maritime et le fluvial ou qu’ils s’appellent low cost dans l’aérien, filiales étrangères externalisées dans le routier ou encore eurostar dans le ferroviaire.
 
Pourquoi faut-il se résoudre à parler de petit pas et de résultats même modestes quand il existe une telle demande de débat public et d’initiatives fortes.
 
L‘actualité sociale est elle-même présentée dans une vision « par appartement » et moins dans une ambition de transformation sociale.
 
Le pouvoir d’achat, l’emploi, le financement des retraites sont passés systématiquement au filtre de la réduction de la dette mais de quelle dette, parlons-nous.
Parlons-nous des milliards d’aides aux entreprises sans contrepartie d’emploi.
Parlons-nous du ralentissement des dépenses en matière d’éducation, de recherche ou le gel des investissements dans les infrastructures.
Parlons-nous du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux pour réduire la dette ou de l’efficacité des services publics.
 
Parlons-nous du poids de la dette ou des intérêts de la dette car en dehors du paiement des intérêts, ce sont bien les recettes qui baissent et non les dépenses qui augmentent.
Est-ce là la seule manière d’envisager l’avenir !
 
 
3/ Nous nous réjouissons qu’un débat avec les syndicats s’engage dans les 6 prochains mois sur l’étape de 2008 de la réforme des retraites. Cette question reste très sensible dans notre fédération qui a été particulièrement touchée par la crise de 2003.
Nous avons déjà reçu des remarques négatives sur le document préparatoire qui apparaît pousser au seul allongement de la durée de cotisation. Défendre la retraite par la répartition ce n’est pas se payer de mots. La défense de la retraite par répartition passe par la garantie apportée aux jeunes d’un bon niveau de taux de remplacement, par la répartition. Faute de quoi, la porte est largement ouverte à la capitalisation, aux fonds de pension. D’autant que l’ambiance idéologique ne pousse pas vers la solidarité et le long terme.
 
C’est pourquoi il faut faire un constat réaliste : l’allongement de la durée de cotisation, confronté à des départs choisis ou contraints toujours plus tôt se traduit pour les salariés par une baisse des pensions servies par la répartition.
La surcote n’est pas incitative dans le secteur privé, les salariés ne peuvent pas et bien souvent ne veulent pas travailler plus longtemps du fait des pénibilités, des souffrances au travail, des restructurations.
Dans le public aussi, même là ou le choix est possible, seules les catégories les plus élevées choisissent d’allonger leur carrière pour bénéficier de la surcote. La perspective de l’allongement conduit aussi bon nombre de salariés à partir tôt au détriment du montant de leur pension.
 
Aller plus loin dans l’allongement de la durée de cotisation après 2008 supposerait une refonte négociée des fins de carrières, un aménagement des emplois, des cessations progressives d’activité, des départs anticipés pour les métiers pénibles, alors même que la négociation sur les pénibilités  peine à aboutir.
Dans ces conditions, le financement des retraites par l’augmentation des cotisations, et par la recherche de nouvelles recettes ne peut être négligé.
 
4/ Quels que soient les dossiers, Europe, financement des retraites, sécurisation des parcours professionnels, nous aurons à interroger les politiques sur leurs politiques sans plus nous retrancher derrière la seule atteinte de résultats, quels qu’en soit la modestie.
Notre ambition demeure la transformation sociale, les résultats viendront  en démontrer la justesse.
 
Nous ne boudons pas pour autant les résultats surtout quand ils sont bons. La FGTE-CFDT clôture l’année 2006 en positif pour la deuxième année consécutive, et à Air France, la CFDT conquiert :
-         Le Secrétariat du 3ème CCE de France,
-         La place de 1ère organisation syndicale chez les cadres
-         Une Place prépondérante dans les domaines économique et social chez Air France KLM, 1er groupe aérien européen.
 
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