07 février 2012
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Retraites

Fédération
L'équité, ce n'est pas des basses retraites pour tous !
Gardons un système solidaire
Notre système de retraite est fondé sur
un contrat intergénérationnel : je paie
aujourd’hui en tant que salarié pour les retraités
d’aujourd’hui, demain ma retraite
sera payée par les cotisations d’autres salariés.
La capitalisation, au contraire, c’est
chacun pour soi et l’incertitude pour tous !
C’est la confiance qui garantit la pérennité
du système par répartition.
Défendre ce système, qui est le
seul à permettre la solidarité, passe
par le refus d’une baisse continue
des pensions de retraites.
 
Refusons un marché de dupes
Le gouvernement tente de faire avaliser un
nouvel allongement à 41 ans pour tous, c’est
d’abord pour cela que la réforme des régimes
spéciaux lui est indispensable. Il veut faire
oublier par contre que différentes conditions
posées en 2003 ne sont pas remplies :
ƒÞƒnLa négociation prévue sur la prise en
compte des pénibilités n’a abouti ni dans
le privé ni dans la Fonction publique.
ƒÞƒnLes conditions d’emploi des seniors ne
se sont pas améliorées.
Dans ces conditions, pas question d’allonger
la durée de cotisations.
La nécessité de réformer s’impose apparemment
à tout le monde sauf au Medef. Celuici
fuit ses responsabilités sur la pénibilité,
et se défausse d’une partie des cotisations
sociales sur la solidarité nationale (l’impôt,
et bientôt la TVA sociale).
Depuis 1993, la durée d’activité nécessaire
pour une retraite à taux plein s’allonge sans
que la durée réelle d’activité progresse.
Si les employeurs veulent qu’on
travaille plus longtemps, qu’ils
embauchent des jeunes et gardent
déjà leurs salariés jusqu’à l’âge
normal de départ .
 
Harmoniser ce n’est pas
niveler par le bas
Il y a un point commun entre les différents
régimes, c’est le risque de dégradation des
niveaux de pension, surtout pour les jeunes
générations.
ƒÞƒnDans le privé, depuis la réforme Balladur
de 1993 et celle des régimes complémentaires
imposée en 1996 par le patronat, la retraite
n’a cessé de baisser en proportion du dernier
salaire. Cela ne va pas s’arranger pour ceux
et celles qui connaissent la dégradation des
conditions d’emploi : chômage des jeunes,
carrières éclatées, temps partiels contraints.
ƒÞƒnDans les régimes spéciaux, le niveau des
pensions est bas, inférieur en moyenne aux salariés
du privé, bien que les cotisations soient
plus élevées. On peut partir plus tôt mais avec
des revenus correspondant à 65 % du salaire.
Une carrière complète n’est plus possible en
partant aux âges planchers, mais la pénibilité
et les contraintes de service sont toujours là.
Et la réforme projetée prévoit de pénaliser
spécifi quement les nouveaux embauchés.
ƒÞƒnLes carrières mixtes privé/public sont de
plus en plus courantes mais les salariés polypensionnés
sont pénalisés.
Voilà les questions qu’il faut traiter.
Avec une baisse des pensions
générale, plus de possibilité de retraite
« à la carte », c’est à dire au choix du
salarié.
 
Garantir des retraites correctes,
c’est possible
Pour maintenir le niveau des pensions de retraites,
il faut revenir sur la réforme Balladur, notamment
le calcul sur les 25 meilleurs années.
Pour éviter que le niveau de vie des retraités
décroche à nouveau par rapport à celui des
actifs, il faut cesser l’indexation des pensions a
minima, sur un indice des prix qui pénalise les
bas revenus.
Pour consolider la retraite à 60 ans, il
faut instaurer un taux de remplacement
minimum garanti servi par les régimes
de base et complémentaires (dans la
limite du plafond sécurité sociale).
Il faut aussi permettre le départ avant
60 ans sans décote en fonction de la
pénibilité ou pour les salariés ayant
cotisé longtemps.
Le tabou de la hausse de la part de la richesse
nationale consacrée aux retraites - que ce soit
par les cotisations, l’élargissement de l’assiette
ou la recherche de fi nancements nouveaux -
doit être levé. Car si la baisse des pensions attendues
des régimes obligatoires conduit ceux
qui le peuvent à se couvrir en plus d’une assurance
par capitalisation supplémentaire, où est
l’économie, le gain pour le pouvoir d’achat des ménages ?
 
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