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Loi ou pas loi ?
Dans une interview au Journal « Le Monde », Anne-Marie IDRAC (ancienne secrétaire d’Etat aux Transports dans le gouvernement Juppé et aujourd’hui à la tête de la SNCF) n’hésite pas à bousculer les idées reçues dans son propre camp politique. Tout d'abord, elle constate que les conflits ont reculé en 2006, passant de 1,44 à 0,79 journée perdue par agent, dont la moitié avait pour cause le CPE. On ne saurait mieux souligner que les organisations syndicales ne sont pas seules responsables du déclenchement des conflits. Elle rappelle les contrats passés avec les autorités organisatrices de transports, notamment le syndicat des transports de l'Ile-de-France (STIF), qui améliorent la prévisibilité du service en cas de situation perturbée. Enfin, interrogée sur le fait de savoir s’il faut une loi dans de telles conditions, elle affirme, s’appuyant sur son expérience, privilégier plutôt le dialogue social et la négociation : « plus la part du dialogue social est importante, mieux ça marchera ». Le bon sens.
S’il fallait un contre-exemple, il y aurait bien l’Union des Transports Publics. Refusant tout accord de prévention des conflits, balayant d’un revers de main les propositions de la CFDT, les patrons du transport public urbain de province attendent tranquillement une loi qui leur donne sur les salariés un moyen de pression supplémentaire. Ce serait la prime à l’immobilisme.
