24 juillet 2008
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Politique des transports

Fédération
Le partenariat public/privé, faux-nez du désengagement de l’Etat
 
Le prolongement de la ligne de TGV Paris-Bordeaux au delà de Tours, le canal Seine- Nord : les partenariats public/privé se multiplient. Ils masquent mal le désengagement de l’Etat, et même son renoncement à mener une politique alternative au « tout routier ». Car il y a loin des paroles au actes.
 
Le choix de privatiser les autoroutes a rapporté à l’Etat environ 14 milliards d’euros, bien utiles pour masquer l’explosion de la dette depuis 5 ans, mais prive les infrastructures de transports du financement régulier que l’Etat pouvait espérer retirer comme actionnaire. Seuls 4 milliards seront affectés au financement des infrastructures via l’AFITF, au lieu des 35 à 40 milliards attendus dans les 25 prochaines années. Ce sont surtout des projets ferroviaires (70 % des projets prioritaires) qui vont subir un important retard.
 
Dans le budget 2007, les crédits disponibles pour les infrastructures de transports terrestres (transports en commun et ferroviaires) sont en baisse de 9 %, alors que les crédits affectés aux routes nationales non décentralisées sont en légère augmentation. Les subventions de l’Etat aux projets de transports collectifs en site propre sont carrément absentes, comme les deux années précédentes. Les crédits en provenance de l’AFITF ne pourront pas suffire, d’autant qu’ils devront aussi intervenir maintenant dans les contrats de plan Etat/Régions.
 
Au total, les nouveaux projets routiers bénéficieront de crédits aussi importants que les projets alternatifs. Le plan de remise à niveau du réseau ferroviaire, qui devait bénéficier de 500 millions d’euros annuels supplémentaires, n’est abondé en 2007 que de 20 millions (après 70 millions en 2006), au risque que la sérieuse dégradation du réseau établie par les experts se poursuive.
 
Empêtré dans la baisse des impôts et la dette, le Gouvernement a perdu la maîtrise de sa politique des transports au profit notamment des géants du BTP. Le partenariat public/privé est une fuite en avant : qui financera les projets dont la rentabilité n’est pas assurée si ceux qui sont rentables n’alimentent plus les caisses de l’Etat mais les profits privés ?
 
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