24 juillet 2008
Fédération Générale des Transports et de l'Equipement

Retrait de badges à Roissy

Transport aérien

En retirant les badges d'accès à 43 salariés, tous musulmans, les autorités ont pris une grave décision.

 

Ces 43 salariés d'entreprises sous-traitantes (bagagistes etc...), dont un délégué CFDT ne sont que les premiers cas. C’est une centaine de salariés au total, tous de confession musulmane, qui ont reçu un courrier de la Préfecture les avertissant qu’une procédure de retrait de leur badge d'accès en zone réservée à Roissy était en cours. Dans un premier temps, ces salariés reçoivent un courrier standard dont la première phrase stipule : «  Selon les informations dont je dispose, vous auriez une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire, au regard de votre comportement personnel, comportement incompatible avec l’obtention d’une habilitation… ». Les destinataires ont dix jours pour faire valoir leur défense. Ensuite, le Préfet prend sa décision, mais celle-ci est toujours la même : le retrait !
 
Il apparaît que les services de police n’ont rien de tangible et de sérieux à reprocher à la plupart d’entre eux en dehors de la pratique de leur religion. Les retours des interrogatoires menés par la Police de l’Air et des Frontières sont toujours les mêmes. La PAF ne dispose d’aucune information particulière et ses questions sont du type : votre femme porte-elle le voile, vos enfants parlent-ils arabe, avez-vous été à La Mecque, faites-vous le Ramadan, etc… De là à faire l’amalgame avec l’islamisme, il devrait y avoir un fossé !
 
Cet acte de retrait des badges, qui équivaut à un licenciement, constitue une dérive inquiétante, qui vise à incriminer des salariés en s’appuyant sur une vague suspicion de risque potentiel, dont la validité n’aurait pas à être établie sur des faits vérifiés.
 
L’Union Fédérale des Aériens de la FGTE-CFDT a porté plainte contre X., ces décisions semblant totalement arbitraires et contraires au droit européen et aux textes fondamentaux du droit français (article 1 de la Constitution et article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen).
 
Pour la Fédération Générale des Transports et de l'Equipement CFDT, l’amalgame entre musulmans et terrorisme n’est pas acceptable, l’instrumentalisation des politiques de sécurité dans la campagne électorale et l’arbitraire non plus.
 
La CFDT participera, le 07 novembre, à une réunion intersyndicale afin de déterminer les actions à engager pour que les plate-formes aéroportuaires françaises ne deviennent pas des zones de « non-droit » pour les salariés.

 

 
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